Des liens entre maladie de Parkinson et diabète de type 2
Le diabète de type 2 et la maladie de Parkinson pourraient être associés d’un point de vue épidémiologique et physiopathologique. L’accumulation de protéines amyloïdogéniques, la résistance à l’insuline ou encore l’hyperglycémie sont autant de situations pathogéniques qui pourraient expliquer cette association.
L’exposition chronique aux polluants environnementaux pourrait également contribuer aux altérations communes décrites, et fournir des explications additionnelles à l’association entre ces deux pathologies. C’est ce qui a été investigué par une équipe de l’Institut de Génomique Fonctionnelle de Montpellier (IGF), en collaboration avec l’ANSES de Lyon et Toxalim de Toulouse.
Des souris prédisposées à développer la maladie de Parkinson (MP) et des souris sauvages ont été exposées via l’alimentation à un mélange de 6 pesticides, administrés à des doses inférieures à la dose journalière admissible chez l’Homme. L’exposition aux pesticides entraîne une prédisposition à développer un diabète avec une prise de poids et une résistance à l’insuline causée, au moins en partie, par une diminution des récepteurs à l’insuline dans les tissus sensibles à l’insuline. Cependant, seules les souris prédisposées à développer la MP ont présenté des déficits moteurs précoces associés à une diminution des récepteurs à l’insuline dans le mésencéphale et le striatum. Alors que les pesticides favorisent une intolérance au glucose chez les souris sauvages, les souris prédisposées à développer la MP ont étonnamment montré une amélioration de leur tolérance au glucose accompagnée d’une augmentation significative de la masse fonctionnelle de cellules bêta pancréatiques sécrétrices d’insuline. Ainsi, l’exposition aux pesticides a entraîné une résistance à l’insuline, qui peut être surmontée grâce à un rôle jusqu’alors méconnu de l’α-synucléine dans l’adaptation des cellules bêta.
Au-delà de ces conclusions, cette étude publiée dans Molecular Metabolism renforce l’intérêt de mieux comprendre l’impact des facteurs environnementaux dans les interactions entre maladies métaboliques et neurodégénératives.
Une revue de la littérature récemment publiée dans Médecine/Sciences revient sur les mécanismes d’altération partagés et explore les perspectives thérapeutiques communes à ces deux pathologies liées au vieillissement