Grand public

Les nouveaux neurones de l’addiction !

La consommation de substances psychoactives, en particulier la nicotine et la cocaïne, a des conséquences néfastes sur les fonctions cérébrales. Depuis longtemps, nous suspections que les effets de ces drogues étaient intimement liés à des altérations intervenant dans l’hippocampe adulte, une région qui présente la particularité de produire des nouveaux neurones (néo-neurones) tout au long de la vie des mammifères, l’homme inclus. Ainsi, nous avons montré que l’auto-administration de drogues diminue la production et la survie des nouveaux neurones hippocampiques de rats. Puis, nous avons émis l’hypothèse qu’une faible production de nouveaux neurones rendrait les animaux vulnérables à la pharmacodépendance (Abrous et al., 2005). Cette hypothèse reposait sur l’observation que des animaux spontanément vulnérables à l’addiction, ou des animaux devenus vulnérables après stress précoces, sont caractérisés par une faible production de nouveaux neurones. Pour tester notre hypothèse, un modèle transgénique a été développé afin de tuer les cellules en prolifération par surexpression de la protéine pro-apoptotique Bax dans les précurseurs neuronaux exprimant la protéine Nestine. Grâce à ce modèle transgénique inductible original, nous avons montré qu’une souris saine pouvait être transformée en une souris « addict ». Dans cette étude, les souris ont été entraînées à s’auto-administrer la cocaïne et nous avons montré que les souris dont la production de nouveaux neurones a été réduite par transgénèse sont plus motivées à s’auto-administrer la drogue. De plus, au cours du sevrage, elles rechutent quand elles sont re-exposées à l’environnement dans lequel elles s’étaient auto-administrées de la drogue. Ces travaux démontrent l’importance de la néo-neurogénèse hippocampique dans l’addiction et ouvrent de nouvelles perspectives sur la compréhension de la vulnérabilité à la pharmacodépendance.

Référence :
Depleting adult dentate gyrus neurogenesis increases cocaine-seeking behavior.
Deroche-Gamonet V, Revest JM, Fiancette JF, Balado E, Koehl M, Grosjean N, Abrous DN, Piazza PV.
Mol Psychiatry. 2018 Mar 5. doi: 10.1038/s41380-018-0038-0. [Epub ahead of print]

Contact chercheur:

Dr Nora Abrous
« Neurogenesis & Pathophysiology »
Neurocentre Magendie – Inserm 1215 et Université de Bordeaux
146 rue Léo-Saignat
33077 Bordeaux cedex
Tel. : +33 5 57 57 36 86

 

For many years, it was believed that the adult mammalian brain was composed of a fixed number of neurons that no longer divide after the end of development. However, the dentate gyrus (DG) of the hippocampus presents the unique peculiarity to produce new neurons throughout the lifespan of individuals. These adult-born dentate granule neurons (Adu-DGNs) are integrated into the hippocampal circuitry that they tightly control. They are required for learning and memory and have been proposed to be involved in drug addiction considered as a maladaptive learning. A number of studies support this hypothesis: 1) self-administration (SA) of drugs of abuse, such as nicotine or cocaine, decreases adult neurogenesis, 2) a decrease in adult neurogenesis spontaneously found in some individuals or induced by early life stress in others is associated with a higher vulnerability to drugs . Despite this compelling correlative evidence, the causal relationship between neurogenesis and vulnerability to drugs was still lacking.

To assess the role of Adu-DGNs in cocaine self-administration we developed an inducible transgenic mouse model in which the death of neural precursors can be selectively induced by over-expressing the pro-apoptotic Bax protein following doxycycline (Dox) treatment . The impact of depleting Adu-DGNs was evaluated during various phases of SA behavior: acquisition, retention and relapse in a cue-induced reinstatement (Cue R) test. Our results show that transgenic mice with decreased Adu-DGNs exhibit increased motivation to self-administer cocaine and a higher seeking response to cocaine-related cues. These results identify adult hippocampal neurogenesis as a key factor in vulnerability to cocaine addiction and suggest that targeting Adu-DGNs might constitute a novel strategy for curing or preventing drug addiction.

 

de David Blum 23.03.2018 à 09h38

Appel à bénévoles « Jardins ouverts » / FRC

La FRC organise une opération « Jardins ouverts » du samedi 5 mai au mardi 8 mai 2018 : une centaine de jardins ouvrent leurs portes au profit du Neurodon. Pour chaque entrée, 2€ sont reversés à la recherche sur le cerveau.

La FRC est à la recherche d’étudiants/chercheurs en neurosciences désireux de partager leurs connaissances, d’informer et de communiquer avec les visiteurs sur les neurosciences. Ce sera l’occasion pour eux de parler de leurs travaux, des neurosciences en général, d’expliquer l’importance de financer la recherche, mais également de répondre aux questions que les visiteurs peuvent se poser sur la recherche ou sur certaines maladies du cerveau.

Affiche et liste des jardins participant souhaitant accueillir des scientifiques pour cette opération.

Plus d’informations sur cette opération.

 

de contributeur 16.03.2018 à 07h55

Une étude démontre la possibilité de modifier le comportement du regard par stimulation magnétique transcranienne

Une étude financée par l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris[1], a été menée sous la direction du Pr Monica Zilbovicius[2]  au sein de l’Unité Inserm 1000 sur une région particulière du cerveau, le sillon temporal supérieur (STS), influençant la perception et le comportement du regard. Ces travaux ont montré qu’une stimulation magnétique transcranienne (non-invasive et indolore) du STS peut inhiber de manière sélective et transitoire le regard du sujet vers les yeux de son interlocuteur. Publiés le 5 mars 2016 dans la revue Cerebral Cortex, ils ouvrent de nouvelles perspectives thérapeutiques pour les patients autistes présentant justement des anomalies anatomiques et fonctionnelles au niveau du sillon temporal supérieur.

Il est communément admis que le regard joue un rôle essentiel dans les interactions sociales. Très tôt, l’être humain regarde autrui dans les yeux, car c’est par les informations issues des yeux qu’il devine  ses intentions et ses sentiments.

Au niveau cérébral, de nombreuses études soulignent l’importance d’une région particulière du cerveau, le sillon temporal supérieur (STS), dans la perception et le comportement du regard. Toutefois, à ce jour, aucune donnée expérimentale ne démontre une modification possible du regard par une modulation artificielle d’un réseau neuronal.

Des travaux menés au sein de l’Unité Inserm 1000, financés par l’AP-HP, ont permis de confirmer qu’une intervention ponctuelle au niveau du STS pouvait avoir un impact sur le comportement du regard. Les chercheurs ont utilisé la stimulation magnétique transcranienne (TMS) : cette méthode consiste à appliquer une impulsion magnétique sur le cerveau à travers le crâne de façon non-invasive et indolore, afin d’étudier les changements du regard induits par l’inhibition du STS par la TMS à l’aide de l’oculométrie (« eye-tracking ») best weight loss tablets. Ils ont montré à 15 sujets témoins des films mettant en scène des acteurs et ont enregistré la façon dont ils regardaient ces films avant et après l’inhibition du STS. Les chercheurs ont ainsi constaté un éloignement significatif du regard des sujets témoins vis-à-vis des yeux des acteurs par rapport à la mesure de base (c.f images ci-dessous). Une inhibition du sillon temporal supérieur perturbe donc de manière sélective et transitoire le mouvement du regard du sujet vers les yeux d’un autre sujet.

Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives thérapeutiques pour les patients autistes. De nombreuses études en imagerie cérébrale ont en effet signalé la présence d’anomalies anatomiques et fonctionnelles au niveau du STS chez ce type de patients ne manifestant pas une préférence marquée pour les yeux d’autrui.

Pour le Pr Monica Zilbovicius, « sachant que la TMS peut être appliquée de façon à inhiber ou à exciter une certaine zone du cerveau, l’excitation du STS par TMS pourrait induire une augmentation du regard vers les yeux. C’est une piste que nous explorerons au cours de la prochaine étape de notre recherche».

Communiqué de presse Inserm, 23 Mars 2016
[1] Programme hospitalier de recherche clinique (PHRC)
[2] Unité Inserm 1000, Service de radiologie pédiatrique, Hôpital Necker – Enfants malades, AP-HP

Photo : © Monica Zilbovicius / Inserm

de contributeur 22.04.2016 à 01h40

« Matière à décision » – Thomas Boraud

« Matière à décision »
Un nouveau livre de Thomas Boraud

Et si notre faculté à prendre des décisions relevait plus du hasard que d’un processus rationnel ? On a longtemps admis que, chez l’homme, la prise de décision résultait d’un processus cognitif et psychologique : l’esprit décide, le corps obéit. Or, le schéma est inverse : le mécanisme décisionnel est produit par la matière cérébrale. C’est un phénomène aléatoire qui résulte de processus de compétitions au sein d’un réseau dont l’architecture a peu évolué depuis les premiers vertébrés.

En savoir plus …

de Francis Renaudon 27.12.2014 à 09h03

Semaine du Cerveau

La Société des Neurosciences regroupe plus de 2300 scientifiques dont 500 doctorants. Elle a pour vocation de promouvoir le développement des recherches dans tous les domaines des Neurosciences.

Chaque année au mois de mars, la Société des Neurosciences coordonne la Semaine du Cerveau. En France, cette manifestation internationale est organisée simultanément dans plus de 25 villes et a pour but de sensibiliser le grand public à l’importance de la recherche sur le cerveau. C’est l’occasion pour de nombreux chercheurs, médecins et étudiants bénévoles de rencontrer le public et de partager avec lui les avancées obtenues dans les laboratoires de recherche en Neurosciences, d’en présenter les enjeux pour la connaissance du cerveau, et les implications pour notre société.

Pour cette manifestation, la Société des Neurosciences est partenaire de l’European Dana Alliance for the Brain (EDAB) et de la Fédération pour la Recherche sur le Cerveau (FRC). Cette dernière regroupe les principales associations de patients atteints de maladies cérébrales. La FRC participe chaque année au financement de nombreux programmes de recherche sur les maladies neurologiques et psychiatriques, en particulier grâce aux fruits du Neurodon.

Pour plus d’informations, consultez le site internet dédié à la Semaine du Cerveau.

de Francis Renaudon 27.11.2014 à 10h38