Webinaires du jeudi

La Société des Neurosciences lance « les webinaires du Jeudi », un nouveau rendez-vous mensuel dédié aux échanges et au partage des connaissances neuroscientifiques.

Cette initiative s’inscrit dans la volonté de la Société de renforcer les liens entre ses membres, de favoriser les échanges entre les différentes disciplines des neurosciences et de faire vivre notre communauté scientifique tout au long de l’année.

Elle répond aux attentes que vous avez exprimées dans les questions ouvertes de notre dernier questionnaire. Vous avez souligné l’importance de multiplier les occasions d’échanger, de découvrir de nouvelles disciplines au sein de notre communauté : c’est chose faite !

Un jeudi par mois, de 12h30 à 13h30, nous vous proposons donc de nous retrouver en ligne dans un format accessible et propice aux échanges. États de l’art, nouvelles approches méthodologiques ou innovations: ces webinaires portés par nos groupes de disciplines (CA), permettront d’explorer toute la diversité des neurosciences et de croiser les regards.

Le lien de connexion sera envoyé par mail aux membres de la Société avant chaque webinaire.

Programme

19 novembre 2026

Le système vestibulaire: de l’équilibre à la santé mentale

Intervenant : Christophe LOPEZ, Centre de Recherche en Psychologie et Neurosciences, UMR 7077 CNRS – Aix Marseille Université, Marseille

Modération : Anne GIERSCH, Neurosciences & Psychiatrie Translationnelles de Strasbourg, Inserm UMR 1329 STEP, Strasbourg

Résumé

Au-delà de ses fonctions réflexes, le système vestibulaire contribue à la construction du sens de soi. Cette présentation s’appuiera sur des données cliniques et des études expérimentales en neurosciences cognitives montrant comment les signaux vestibulaires participent aux mécanismes multisensoriels qui sous-tendent plusieurs dimensions du soi corporel : la localisation de soi, le sentiment d’appartenance du corps, la perspective à la première personne et le sentiment d’être à l’origine de ses propres actions (agentivité). Nous aborderons également les altérations du sentiment de soi, notamment les phénomènes de dépersonnalisation et de déréalisation, qui peuvent survenir dans certaines pathologies vestibulaires acquises. Enfin, nous examinerons les liens entre les perturbations précoces du système vestibulaire et les troubles du neurodéveloppement, soulignant le rôle potentiel de ce système dans le développement cognitif et la santé mentale.

Décembre

A confirmer

7 janvier 2027 - 12h00-13h00

Cellular and molecular mechanisms underlying human neuronal and circuit evolution

Intervenant : Baptiste LIBÉ-PHILIPPOT, Institut de Biologie du Développement de Marseille, UMR 7288, Marseille

Modération : Fekrije SELIMI, CIRB, Collège de France, Paris

Résumé

Baptiste Libé-Philippot is a Group Leader at the IBDM and CNRS Chargé de recherche since October 2024. He explores the evolution of the development and the properties of human neurons and circuits. In a first part of the seminar, he will describe his previous work (VIB – KULeuven, Belgium) during which he explored the evolutionary divergence of human cortical neurons. He discovered a novel hominid-specific receptor, LRRC37B, that sustains the evolutionary divergence of the excitability of human cortical neurons (Libé-Philippot et al., Cell, 2023). Moreover, he demonstrated in human neurons the necessary role of human-specific genes SRGAP2B/C in the protracted synaptic development of human cortical neurons (Libé-Philippot et al., Neuron, 2024). Both works show that human-specific genes can be modifiers of neurodevelopmental disorder molecular pathways, including autism spectrum, intellectual deficiency and epilepsy. He will introduce in a second part his current projects (ERC StG hCerebEvol) on the evolution of human cerebellar neurons with the aim to identify human species-specific cellular and developmental features and their underlying molecular and cellular mechanisms.

11 février 2027

IA et recherche en neurosciences : rester pilotes plutôt que passagers

Intervenant : Demian BATTAGLIA, FunSy team, LNCA, CNRS UMR 7364, Strasbourg

Modération : Philippe ISOPE, INCI, UPR 3212, CNRS – Université de Strasbourg, Strasbourg

Résumé

L’intelligence artificielle est en train de transformer la pratique de la recherche scientifique, et probablement aussi le métier même de chercheur. En neurosciences, comme ailleurs, elle promet une accélération spectaculaire de notre capacité à programmer, analyser, modéliser et produire des résultats. Mais que signifie réellement être un chercheur « augmenté » ? Comment profiter de cette puissance nouvelle sans lui abandonner la maîtrise de nos questions, de nos méthodes et, finalement, de notre pensée ?

Après un bref tour d’horizon des outils disponibles et des contraintes institutionnelles qui encadrent leur utilisation, je partagerai l’expérience de deux études récemment réalisées dans notre équipe grâce à des workflows de recherche presque entièrement agentiques. Ces expériences nous ont permis de tester non seulement les possibilités inédites offertes par l’IA, mais aussi les procédures de validation, les garde-fous et les modes d’interaction nécessaires pour accélérer la recherche sans renoncer à sa rigueur ni à notre responsabilité scientifique. Je confronterai ces expériences à celles de l’enseignement et de l’encadrement de jeunes chercheurs, dont les réactions à l’IA oscillent entre enthousiasme, méfiance et soumission apathique. Quelle relation construire avec ces systèmes ? Faut-il y voir des oracles à consulter, des maîtres à suivre, ou des collaborateurs talentueux mais imparfaits, qu’il nous appartient de guider, de former et parfois de contredire ?

Enfin, je proposerai une réflexion plus épistémologique sur la place du langage dans la science. Les algorithmes semblent être devenus intelligents en s’appropriant notre langage, comme Prométhée avait volé le feu aux dieux. Mais ce renversement pourrait paradoxalement nous inviter à redécouvrir la puissance de notre propre langage : celui par lequel nous formulons des questions, construisons des concepts, élaborons des explications et donnons du sens aux résultats. Après plusieurs décennies durant lesquelles la maîtrise des techniques et des outils a occupé une place croissante dans la formation scientifique, l’IA pourrait nous rappeler que la science est, fondamentalement, une entreprise de pensée et de discours.

Ce sera donc un plaidoyer pour un optimisme exigeant face à l’IA : non pas une invitation à déléguer notre intelligence, mais à la cultiver autrement. À devenir des chercheurs réellement augmentés, capables de diriger ces nouveaux collaborateurs artificiels, plutôt que des passagers (ou pire, des engrenages) d’une science automatisée.

25 mars 2027

A multi-reward framework to improve translation in alcohol use disorder

Intervenant : Cyprien GUERRIN, INCIA – UMR 5287 CNRS – Université de Bordeaux, Bordeaux

Modération : Shauna L. PARKES, INCIA – UMR 5287 CNRS – Université de Bordeaux, Bordeaux

Résumé

Pourquoi de nombreux traitements efficaces pour réduire la consommation d’alcool chez les rongeurs échouent-ils lors des essais cliniques ? Dans cette présentation, je proposerai un cadre conceptuel distinguant quatre composantes du renforcement lié à l’alcool : pré-orale, orale, post-orale périphérique et post-orale pharmacologique centrale. Nous explorerons comment les différences entre rongeurs et humains dans les mécanismes qui soutiennent la consommation d’alcool pourraient contribuer aux échecs translationnels, et les implications pour développer des modèles précliniques plus prédictifs.