Zoom sur nos actions 2025

 

En 2025, la Société des Neurosciences s’est affirmée comme un acteur engagé du débat public scientifique. Elle a pris position sur plusieurs sujets d’actualité majeurs, notamment en rejoignant la mobilisation de nombreux scientifiques contre la loi Duplomb. En signant la tribune publiée dans Le Monde, intitulée « Le Conseil constitutionnel doit censurer la loi Duplomb au nom du principe de précaution », elle a participé à une mobilisation conjointe de la société civile, de la communauté scientifique et des associations de patients. Cette action collective a abouti à la censure par le Conseil Constitutionnel de l’article relatif à l’utilisation de produits contenant des néonicotinoïdes.

La Société, signataire de la charte de transparence sur le recours aux animaux à des fins scientifiques, s’est exprimée également sur des questions relatives à l’expérimentation animale. À l’automne, suite au dépôt de nouveaux amendements pour taxer l’expérimentation animale dans le projet de loi de finances 2026, des membres du CA ont constitué un groupe de travail dont les travaux ont abouti à la publication par la Société, aux côtés d’autres sociétés savantes et associations de patients, de la tribune « Budget 2026 : la taxation des expérimentations animales mettrait en péril la recherche en France ». En parallèle de cette publication, la Société a interpellé individuellement les députés et sénateurs, permettant d’ouvrir un dialogue avec plusieurs représentants parlementaires.

Enfin, elle figure parmi les 32 associations signataires du communiqué du COSSAF concernant la situation à Gaza.

La Société des Neurosciences a également poursuivi ses actions de mise en valeur des jeunes chercheur·e·s. Trois prix de thèse ont été décernés pour distinguer les travaux doctoraux d’Antonin Verdier, Jade Dunot et Simon J. Guillot. En collaboration avec l’IBRO, elle a par ailleurs soutenu dix jeunes chercheur·e·s, français et internationaux, leur permettant de participer à NeuroFrance et de visiter des laboratoires français dans la perspective d’un post-doctorat. Le Bureau des Jeunes Chercheur·e·s a, quant à lui, organisé trois sessions spéciales lors du congrès.

Deux numéros de la Lettre des Neurosciences ont été publiés au cours de l’année, grâce au travail du Comité éditorial coordonné par Yves Tillet. La tribune « Le cerveau reptilien ou les trois erreurs de Paul MacLean », de Sébastien Lemerle et Philippe Vernier dans le numéro 69, a rencontré un succès tout particulier. La publication des Faits marquants 2024 a, de son côté, mis en lumière la vitalité des neurosciences françaises et l’avancée des connaissances grâce aux acteurs et actrices de la recherche en France.

Fidèle à sa mission de diffusion des savoirs, la Société des Neurosciences a poursuivi ses actions de sensibilisation du grand public. Le mois de mars a été rythmé par la 27e édition de la Semaine du Cerveau, coordonnée par Armelle Rancillac et François Tronche. Cette édition s’est une nouvelle fois distinguée par l’enthousiasme et la créativité de notre communauté : plus de 750 événements, organisés par 29 comités locaux, ont rassemblé plus de 125 000 participant·e·s, confirmant la Semaine du Cerveau comme un rendez-vous incontournable de la culture scientifique.

Enfin, l’édition 2025 de NeuroFrance, organisée à Montpellier, a constitué un temps fort de rencontres, d’échanges scientifiques et de convivialité. Le congrès s’est ouvert avec la première conférence Angélique Arvanitaki, donnée par Martin Giurfa, sur le thème « Cognitive neuroscience in miniature brains – Dissecting higher-order learning in honey bees ». La conférence Alfred Fessard a également eu lieu lors du colloque. Donnée par Catherine Tallon-Baudry, elle portait sur le thème « Greater than the sum of its parts: brain, heart and stomach ».

L’année 2026 s’annonce d’ores et déjà riche en projets collectifs et en nouveaux temps d’échanges au sein de notre communauté.

de Alice Lemaire 14.01.2026 à 04h25

Un rythme cérébral du sommeil apparu il y a 300 millions d’années

Un rythme global ultra-lent, cérébral et corporel, spécifique au sommeil profond des mammifères vient d’être également identifié chez sept espèces de reptiles et un oiseau, démontrant son caractère ancestral et fondamental. Cette découverte suggère un mécanisme identique et partagé encore aujourd’hui entre des lignées ayant divergé il y a plus de 300 millions d’années. Si chez les mammifères ce rythme semble associé à l’élimination des déchets métaboliques du cerveau, il pourrait aussi refléter une adaptation aux contraintes environnementales et aux risques liés au sommeil. Cette découverte questionne par ailleurs l’hypothèse débattue de la présence d’un « sommeil paradoxal » chez les reptiles, phase associée aux rêves chez l’humain.

Réalisée par une équipe de scientifiques du CNRS, cette découverte a été publiée le 29 décembre 2025 dans la revue Nature Neuroscience.

Les scientifiques ont mené une comparaison inédite, s’appuyant pour la première fois sur un ensemble d’espèces couvrant plusieurs niveaux clés de l’évolution : sept reptiles, un oiseau et deux mammifères. Ils ont enregistré simultanément l’activité cérébrale, cardiaque, vasculaire, respiratoire, musculaire et oculaire pendant le sommeil, en mobilisant des méthodes complémentaires, dont l’imagerie fonctionnelle par ultrasons. Cette approche multimodale a mis en évidence, dans le cerveau comme dans l’ensemble du corps des reptiles, un rythme lent et régulier qui alterne tout au long de leur sommeil.

Source : https://www.cnrs.fr/fr/presse/decouverte-dun-rythme-essentiel-du-sommeil-apparu-il-y-300-millions-dannees

Bibliographie
Sleep-dependent infraslow rhythms are evolutionarily conserved across reptiles and mammals. Bergel A., Schmidt J.M., Barrillot B., Arthaud S, Averty L.6; Blumberg M.S., Carachet C., Clair A., Filchenko I., Froidevaux C., Herrel A., Massot B., Rattenborg N.C., Schmidt M.H., Tanter M., Ungurean G., Libourel P., Nature Neuroscience, 29 décembre 2025. https://doi.org/10.1038/s41593-025-02159-y

Contact: pa.libourel@cnrs.fr ; Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive (CNRS/EPHE-PSL/IRD/Université de Montpellier).
Des scientifiques du laboratoire Physique pour la médecine (CNRS/ESPCI Paris – PSL/Inserm), du laboratoire Plasticité du cerveau (CNRS/ESPCI Paris-PSL), du Centre de recherche en neurosciences de Lyon (CNRS/Inserm/Université Claude Bernard), du laboratoire Biodiversité, eau & ville (CNRS/Ecole nationale des travaux publics d’Etat/INRAE/INSA Lyon/Université Claude Bernard Lyon 1/VetAgro Sup), du laboratoire Mécanismes adaptatifs et évolution (CNRS/MNHN) et du l’Institut des nanotechnologies de Lyon (CNRS/CPE Lyon/Ecole centrale de Lyon/INSA Lyon/Université Claude Bernard Lyon 1) ont également participé à ces travaux.

de Jérémie Naudé 12.01.2026 à 03h17

Prix FENS Forum 2026

Doctorant·e·s et post-doctorant·e·s membres de la Société des Neurosciences, candidatez pour un soutien financier pour participer au Forum FENS 2026 à Barcelone, en Espagne, du 6 au 10 juillet 2026 !

Date limite de candidature : 16 janvier 2026

 

Plus d’informations et candidature

de Alice Lemaire 10.12.2025 à 12h17

Le thalamus cognitif

Par Mathieu Wolff

 

Publié dans la Lettre des Neurosciences n°68

 

Le thalamus est souvent considéré comme une structure profonde dont la complexité serait intimidante en raison notamment d’une riche connectivité avec d’autres régions cérébrales et de l’existence de multiples noyaux thalamiques définissant autant de cas particuliers. Pourtant, les principes d’organisation élémentaires du thalamus sont assez simples.

 

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de Alice Lemaire 19.11.2025 à 11h49

Comment mener des recherches expérimentales en milieu scolaire ?

Par Sébastien Goudeau, Matthew J. Easterbrook et Marie-Pierre Fayant

 

Publié dans la Lettre des Neurosciences n°68

 

Les recherches en milieu scolaire peuvent éclairer les enseignants et les décideurs sur les pratiques qui sont (in)efficaces pour améliorer les résultats des élèves (par exemple, augmentation des acquis, amélioration du bien-être, réduction des inégalités ou du harcèlement). Elles apportent également des éclairages précieux sur des aspects souvent inaccessibles en dehors du cadre scolaire, comme le climat de classe, les relations avec les enseignants ou encore les interactions entre élèves.

 

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de Alice Lemaire 17.11.2025 à 10h27

Les architectes de l’ombre : comprendre et modéliser les processus de construction collective des nids d’insectes sociaux

Par Guy Theraulaz

 

Publié dans la Lettre des Neurosciences n°68

 

Les insectes sociaux, tels que les fourmis et les termites sont des architectes hors pair, capables de construire des nids complexes dont la taille peut atteindre dans certains cas plusieurs milliers de fois celle des individus qui les construisent et ceci sans supervision centralisée. Ces architectures sont par ailleurs adaptées aux fonctions vitales des colonies, comme la protection contre les prédateurs et certaines d’entre elles permettent également la régulation thermique et l’optimisation des échanges gazeux. Comment des milliers d’individus, parviennent-ils à coordonner leurs actions pour édifier des structures aussi sophistiquées ? Ce phénomène intrigue les scientifiques depuis des décennies mais ce n’est que récemment que l’analyse computationnelle et les concepts issus de la physique statistique ont permis d’en percer les secrets.

 

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de Alice Lemaire 12.11.2025 à 10h35

Modélisation et exploration de graphes d’IRMs cérébrales sans a priori anatomiques

Par Antoine Bourlier, Mohamed Slimane, Jean-Yves Ramel et Élodie Chaillou

 

Publié dans la Lettre des Neurosciences n°68

 

Un des objectifs de l’exploration des IRMs (imagerie par résonance magnétique) cérébrales est d’extraire divers critères morphologiques et structuraux de l’ensemble ou d’une partie de l’encéphale. Pour se faire, plusieurs étapes automatisées de prétraitements permettent d’améliorer la qualité et l’interprétabilité des images.

 

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de Alice Lemaire 03.11.2025 à 10h10

Contrôle sensorimoteur naturel d’un bras artificiel

Par Aymar de Rugy

Publié dans la Lettre des Neurosciences n°68

 

Lorsqu’ils sont entrainés sur des données suffisamment riches, les réseaux de neurones artificiels sont capables de reproduire les comportements humains les plus probables, une vertu que certains pourront qualifier d’intelligence.

 

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de Alice Lemaire 27.10.2025 à 10h27

Interface cerveau-machine pour la restauration du mouvement : l’Intelligence Artificielle au cœur du décodage de l’activité corticale

Par Guillaume Charvet, Fabien Sauter-Starace, Tetiana Aksenova

Publié dans la Lettre des Neurosciences n°68

 

Fortes de premières preuves de concept cliniques validées, les interfaces cerveau-machine (ICM) constituent un espoir pour des millions de personnes porteuses d’un handicap moteur sévère et chronique. En effet, les ICM motrices portent l’espoir de restaurer la mobilité des membres, offrant ainsi aux patients une plus grande autonomie et une amélioration significative de leur qualité de vie.

 

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de Alice Lemaire 20.10.2025 à 09h25

Neuroprothèses pour restaurer la marche après une lésion de la moelle épinière

Par Fabien Wagner

Publié dans la Lettre des Neurosciences n°68

 

Les lésions de la moelle épinière, ou lésions médullaires, perturbent la communication entre le cerveau et les circuits spinaux qui contrôlent le mouvement et intègrent les retours sensoriels, généralement situés en dessous du niveau de la lésion. La perturbation des différentes sources anatomiques du contrôle moteur descendant et des afférences sensorielles ascendantes peut entraîner une paralysie motrice totale ou partielle, mais permanente. Pendant des décennies, la récupération des fonctions motrices après une lésion médullaire chronique a été considérée comme impossible en raison de l’altération sévère de ces voies de communication bidirectionnelles.

 

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de Alice Lemaire 13.10.2025 à 02h19