{"id":8705,"date":"2018-01-23T13:40:15","date_gmt":"2018-01-23T12:40:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/?p=8705"},"modified":"2018-01-23T13:53:52","modified_gmt":"2018-01-23T12:53:52","slug":"tau-et-degenerescences-neurofibrillaires-toxiques-or-not-toxiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/2018\/01\/tau-et-degenerescences-neurofibrillaires-toxiques-or-not-toxiques\/","title":{"rendered":"Tau et d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescences neurofibrillaires: toxiques OR NOT toxiques ?"},"content":{"rendered":"<p>Les tauopathies constituent un groupe de maladies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives caract\u00e9ris\u00e9es par l\u2019hyperphosphorylation de la prot\u00e9ine Tau et son accumulation sous forme d\u2019agr\u00e9gats pr\u00e9sents dans plusieurs types cellulaires. Parmi les diff\u00e9rent types d\u2019agr\u00e9gats intracellulaires de Tau contenus dans les neurones, les d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescences neurofibrillaires (DNF) sont caract\u00e9ristiques des l\u00e9sions retrouv\u00e9es chez les patients souffrant de la maladie d\u2019Alzheimer (MA) et d\u2019autres tauopathies pures telles que certaines d\u00e9mences fronto-temporales.<\/p>\n<p>Parce que le nombre de DNF chez les patients corr\u00e8le fortement avec la mort neuronale et le d\u00e9clin cognitif, on a longtemps pens\u00e9 que ces formes tr\u00e8s agr\u00e9g\u00e9es de Tau \u00e9taient \u00e0 l\u2019origine de la neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence. Pourtant, mort neuronale et DNF n\u2019apparaissent pas dans les m\u00eames zones du cerveau chez les patients souffrant de la MA. De plus, des \u00e9tudes \u00e9lectrophysiologiques ont montr\u00e9 que les neurones porteurs de DNF dans des mod\u00e8les de souris transg\u00e9niques fonctionnent encore en r\u00e9seau et survivent \u00e0 l\u2019agr\u00e9gation de Tau. Ainsi, l&#8217;hypoth\u00e8se que des formes oligom\u00e9riques solubles de Tau ayant un \u00e9tat d\u2019agr\u00e9gation interm\u00e9diaire pourraient \u00eatre davantage toxiques que les DNF a \u00e9t\u00e9 \u00e9mise.<\/p>\n<p>Pour \u00e9lucider la toxicit\u00e9 des DNF in vivo, nous avons g\u00e9n\u00e9r\u00e9 un mod\u00e8le de tauopathie, appel\u00e9 mod\u00e8le \u00ab\u00a0pro-agr\u00e9gation\u00a0\u00bb chez le rat qui g\u00e9n\u00e8re un grand nombre de DNF dans l\u2019hippocampe. Ce mod\u00e8le est bas\u00e9 sur l\u2019expression simultan\u00e9e de la prot\u00e9ine Tau humaine sauvage et d\u2019un peptide pro-agr\u00e9gation via l\u2019utilisation de vecteurs ad\u00e9no-associ\u00e9s (AAV). Il est caract\u00e9ris\u00e9 par une forte hyperphosphorylation pathologique de la prot\u00e9ine Tau, la localisation aberrante de la prot\u00e9ine dans le soma et les dendrites neuronaux et la pr\u00e9sence de nombreuses DNF argyrophylles d\u00e8s un mois apr\u00e8s l\u2019injection du vecteur AAV, similaires aux l\u00e9sions retrouv\u00e9es chez les patients. En comptant le nombre de neurones CA1 de l\u2019hippocampe, nous avons montr\u00e9 que la pr\u00e9sence de DNF ne provoque pas de mort neuronale au moins jusqu\u2019\u00e0 3 mois apr\u00e8s injection. A l\u2019inverse, la surexpression de la prot\u00e9ine Tau humaine sauvage seule provoque une mort neuronale importante de ces m\u00eames neurones, ainsi qu\u2019une forte hyperphosphorylation de Tau mais cette fois, en l\u2019absence totale de DNF.<\/p>\n<p>In vivo les agr\u00e9gats matures de Tau sembleraient donc \u00eatre inoffensifs pour les neurones, au moins dans un premier temps, alors que les formes solubles, sans doute oligom\u00e9riques, seraient les plus toxiques. Par ailleurs, l\u2019\u00e9tude montre que le nombre de DNF refl\u00e8te de mani\u00e8re imparfaite la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de la pathologie alors que l\u2019hyperphosphorylation de Tau sur l\u2019\u00e9pitope reconnu par l\u2019anticorps AT8 serait un bien meilleur index de neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence. Une implication importante de cette \u00e9tude est qu\u2019il semblerait plus appropri\u00e9 de d\u00e9velopper des traceurs d\u2019imagerie et des agents th\u00e9rapeutiques capables de cibler sp\u00e9cifiquement ces formes solubles de Tau plut\u00f4t que les DNF.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rence:<\/strong><\/p>\n<p>Potentiating tangle formation reduces acute toxicity of soluble tau species in the rat. d&#8217;Orange M, Aur\u00e9gan G, Cheramy D, Gaudin-Gu\u00e9rif M, Lieger S, Guillermier M, Stimmer L, Jos\u00e9phine C, H\u00e9rard AS, Gaillard MC, Petit F, Kiessling MC, Schmitz C, Colin M, Bu\u00e9e L, Panayi F, Diguet E, Brouillet E, Hantraye P, Bemelmans AP, Cambon K. Brain. 2017 Dec 14. doi: 10.1093\/brain\/awx342<\/p>\n<p><strong>Contact chercheuse:<\/strong><\/p>\n<p>Karine Cambon<\/p>\n<p>CEA, DRF, Institut Fran\u00e7ois Jacob, Molecular Imaging Research Center (MIRCen), F-92265 Fontenay-aux-Roses, France.<\/p>\n<p>CNRS, CEA, Paris-Sud Univ., Univ. Paris-Saclay, Neurodegenerative Diseases Laboratory (UMR9199), F-92265, Fontenay-aux-Roses, France.<\/p>\n<p>karine.cambon@cea.fr<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les tauopathies constituent un groupe de maladies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives caract\u00e9ris\u00e9es par l\u2019hyperphosphorylation de la prot\u00e9ine Tau et son accumulation sous forme d\u2019agr\u00e9gats pr\u00e9sents dans plusieurs types cellulaires. Parmi les diff\u00e9rent types d\u2019agr\u00e9gats intracellulaires de Tau contenus dans les neurones, les d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescences neurofibrillaires (DNF) sont caract\u00e9ristiques des l\u00e9sions retrouv\u00e9es chez les patients souffrant de la maladie d\u2019Alzheimer [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":8713,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[25],"tags":[31],"class_list":["post-8705","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-uncategorized","tag-actualite-en"],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-04-24 10:46:39","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category"},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8705","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8705"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8705\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8707,"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8705\/revisions\/8707"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/8713"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8705"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8705"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8705"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}