{"id":4801,"date":"2016-04-25T14:05:38","date_gmt":"2016-04-25T13:05:38","guid":{"rendered":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/2016\/04\/des-oscillations-4-hz-impliquees-dans-le-comportement-de-peur\/"},"modified":"2016-04-26T15:01:29","modified_gmt":"2016-04-26T14:01:29","slug":"des-oscillations-4-hz-impliquees-dans-le-comportement-de-peur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/2016\/04\/des-oscillations-4-hz-impliquees-dans-le-comportement-de-peur\/","title":{"rendered":"Des oscillations 4-Hz impliqu\u00e9es dans le comportement de peur"},"content":{"rendered":"<p>Par Cyril Herry<\/p>\n<p>Les r\u00e9ponses adaptatives de peur face \u00e0 des situations traumatisantes ou mena\u00e7antes nous aide \u00e0 \u00e9chapper \u00e0 un danger potentiel. Ces r\u00e9ponses de peur peuvent \u00eatre apprises par le biais d&#8217;une association entre un stimulus neutre au d\u00e9part et la pr\u00e9sence d&#8217;un facteur stressant (par exemple un danger physique). Cette association tr\u00e8s robuste permet la formation d&#8217;une trace de m\u00e9moire qui persiste pendant des ann\u00e9es et g\u00e9n\u00e8re des modifications structurelles et fonctionnelles dans le cerveau. Cet apprentissage associatif peut se r\u00e9aliser en une seule fois et chaque exposition ult\u00e9rieure au stimulus conditionn\u00e9 induit une r\u00e9cup\u00e9ration de la m\u00e9moire associative. La m\u00e9moire de peur se manifeste au travers d&#8217;une large gamme de r\u00e9ponses physiologiques telles qu&#8217;une augmentation de la transpiration, des tremblements, ainsi qu&#8217;une augmentation du rythme cardiaque. D&#8217;un point de vue neuronal, les corr\u00e9lats physiologiques de ces r\u00e9ponses de peur sont encore largement inconnus.<\/p>\n<p>Au laboratoire, la m\u00e9moire de peur est mod\u00e9lis\u00e9e par la mise en \u0153uvre d&#8217;un conditionnement de type Pavlovien au cours duquel un stimulus tel qu&#8217;un son est r\u00e9p\u00e9titivement associ\u00e9 \u00e0 un \u00e9v\u00e8nement aversif l\u00e9ger comme un choc \u00e9lectrique d\u00e9livr\u00e9 aux pattes de l&#8217;animal. La peur conditionn\u00e9e de l&#8217;animal se manifeste notamment par une r\u00e9ponse conditionn\u00e9e d&#8217;immobilisation appel\u00e9e freezing. Des d\u00e9cennies de recherche dans le domaine ont permis d&#8217;identifier de multiples r\u00e9gions c\u00e9r\u00e9brales impliqu\u00e9es dans le conditionnement auditif de peur, en particulier, le cortex pr\u00e9frontal m\u00e9dian dorsal (CPFmd) et l&#8217;amygdale basolat\u00e9rale (BLA) qui sont des structures clefs pour l&#8217;acquisition et l&#8217;expression des r\u00e9ponses conditionn\u00e9es de peur. Bien que le freezing soit une mesure classique de la peur largement utilis\u00e9e, les m\u00e9canismes neuronaux permettant l&#8217;expression de cette r\u00e9ponse comportementale sont encore largement inconnus.<\/p>\n<p>Afin de r\u00e9pondre \u00e0 cette question, nous nous sommes focalis\u00e9s dans cette \u00e9tude sur les processus neurobiologiques associ\u00e9s \u00e0 cet \u00e9tat comportemental de peur par la mise en oeuvre d&#8217;approches comportementales, \u00e9lectrophysiologiques et optog\u00e9n\u00e9tiques. Dans cette \u00e9tude nous mettons en \u00e9vidence pour la premi\u00e8re fois que le comportement de freezing est associ\u00e9 \u00e0 un \u00e9tat c\u00e9r\u00e9bral g\u00e9n\u00e9r\u00e9 de fa\u00e7on interne qui se manifeste par la mise en \u0153uvre d&#8217;oscillations soutenues autour de 4 Hz au niveau du CPFmd et du BLA. De fa\u00e7on int\u00e9ressante, nous avons observ\u00e9 que cet \u00e9tat oscillatoire pr\u00e9dit le d\u00e9but et la fin des \u00e9pisodes de freezing et permettait le couplage d&#8217;activit\u00e9 neuronale entre le CPFmd et le BLA. Gr\u00e2ce \u00e0 des analyses causales, nous avons identifi\u00e9 que l&#8217;activation des neurones du CPFmd pr\u00e9c\u00e9dait l&#8217;activation des neurones de l&#8217;amygdale pour chaque cycle de 4 Hz ce qui sugg\u00e8re un r\u00f4le clef de ces oscillations pr\u00e9frontales dans le contr\u00f4le de l&#8217;expression des r\u00e9ponses conditionn\u00e9es de peur. Finalement, gr\u00e2ce \u00e0 la mise en \u0153uvre de manipulation optog\u00e9n\u00e9tiques innovantes, nous avons d\u00e9montr\u00e9 que l&#8217;induction artificielle d&#8217;oscillations 4 Hz dans le CPFmd \u00e9tait une condition suffisante pour l&#8217;induction du comportement de freezing et la synchronisation d&#8217;activit\u00e9 neuronale entre le CPFdm et le BLA.<\/p>\n<p>Dans leur ensemble, ces r\u00e9sultats identifient une signature physiologique de la m\u00e9moire de peur au sein des circuits pr\u00e9frontaux-amygdaliens et sugg\u00e8rent que l&#8217;alt\u00e9ration des oscillations 4 Hz dans ce circuit pourrait repr\u00e9senter une strat\u00e9gie th\u00e9rapeutique potentielle pour les pathologies anxieuses.<\/p>\n<p>Source: \u201c4-Hz oscillations synchronize prefrontal\u2013amygdala circuits during fear behavior\u201d<\/p>\n<p>Karalis N, Dejean C, Chaudun F, Khoder S, Rozeske R, Wurtz H, Bagur S, Benchenane K, Sirota A, Courtin J, Herry C<\/p>\n<p>Nature Neuroscience,\u00a0 2016\u00a0 doi:10.1038\/nn.4251<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/4Hz.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-4791\" src=\"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/4Hz-300x225.jpg\" alt=\"4Hz\" width=\"437\" height=\"328\" srcset=\"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/4Hz-300x225.jpg 300w, https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/4Hz.jpg 960w\" sizes=\"auto, (max-width: 437px) 100vw, 437px\" \/><\/a><\/p>\n<p><em>Copyright \u00a9 2016, Rights Managed by Nature Publishing Group<\/em><\/p>\n<p><em>Oscillations 4 Hz dans le cortex pr\u00e9frontal au cours du comportement de freezing. <\/em><\/p>\n<p><em>a, Haut, Exemple repr\u00e9sentatif\u00a0 d&#8217;oscillation 4 Hz dans le cortex pr\u00e9frontal au cours du freezing. Bas, Spectrograms repr\u00e9sentatifs des potentiels de champs pr\u00e9frontaux avant et apr\u00e8s conditionnement lors de la pr\u00e9sentation du son contr\u00f4le (CS-) ou du son conditionn\u00e9 (CS+). <\/em><\/p>\n<p><em>b, Spectrogram repr\u00e9sentatif des potentiels de champs pr\u00e9frontaux \u00e0 une r\u00e9solution temporelle plus fine lors de la pr\u00e9sentation du son contr\u00f4le conditionn\u00e9 (CS+) associ\u00e9 \u00e0 un comportement de freezing. <\/em><\/p>\n<p><em>c-d, Analyse spectrale moyenn\u00e9e mettant en \u00e9vidence une augmentation des oscillations pr\u00e9frontales 4 Hz pendant les p\u00e9riodes de freezing et au cours de la r\u00e9cup\u00e9ration des r\u00e9ponses de peur apr\u00e8s conditionnement.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Cyril Herry Les r\u00e9ponses adaptatives de peur face \u00e0 des situations traumatisantes ou mena\u00e7antes nous aide \u00e0 \u00e9chapper \u00e0 un danger potentiel. Ces r\u00e9ponses de peur peuvent \u00eatre apprises par le biais d&#8217;une association entre un stimulus neutre au d\u00e9part et la pr\u00e9sence d&#8217;un facteur stressant (par exemple un danger physique). Cette association tr\u00e8s [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":4796,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[25],"tags":[31],"class_list":["post-4801","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-uncategorized","tag-actualite-en"],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-04-22 07:39:33","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category"},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4801","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4801"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4801\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4809,"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4801\/revisions\/4809"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4796"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4801"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4801"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4801"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}