{"id":4706,"date":"2016-03-30T08:14:58","date_gmt":"2016-03-30T07:14:58","guid":{"rendered":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/2016\/03\/lhuntingtine-ses-liens-avec-la-maladie-de-huntington-et-ses-fonctions-cellulaires-normales\/"},"modified":"2021-07-16T11:45:04","modified_gmt":"2021-07-16T09:45:04","slug":"lhuntingtine-ses-liens-avec-la-maladie-de-huntington-et-ses-fonctions-cellulaires-normales","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/2016\/03\/lhuntingtine-ses-liens-avec-la-maladie-de-huntington-et-ses-fonctions-cellulaires-normales\/","title":{"rendered":"L\u2019huntingtine : ses liens avec la Maladie de Huntington et ses fonctions cellulaires normales\u2026"},"content":{"rendered":"<p>La revue \u00e9crite par Sandrine Humbert et Fr\u00e9d\u00e9rique Saudou dans la revue Neuron pr\u00e9sente de mani\u00e8re remarquable les principales d\u00e9couvertes de ces derni\u00e8res ann\u00e9es sur l\u2019huntingtine. Ces deux chercheurs INSERM de l\u2019Institut des Neurosciences de Grenoble, pionniers dans la d\u00e9couverte du r\u00f4le central de l\u2019huntingtine dans le transport axonal, le contr\u00f4le du m\u00e9tabolisme \u00e9nerg\u00e9tique et la division cellulaire, soulignent combien cette prot\u00e9ine au-del\u00e0 de son r\u00f4le toxique dans la maladie de Huntington est, par sa biologie complexe, au c\u0153ur de nombreuses fonctions du syst\u00e8me nerveux. Cette somme impressionnante de connaissances laisse entrevoir l\u2019espoir de mieux comprendre la Maladie de Huntington et par la m\u00eame identifier \u00e0 terme une strat\u00e9gie th\u00e9rapeutique efficace.<\/p>\n<p>La maladie de Huntington est une maladie neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rative h\u00e9r\u00e9ditaire dominante touchant des individus jeunes (35 ans en moyenne). La maladie de Huntington est une maladie \u00ab\u00a0rare\u00a0\u00bb (pr\u00e9valence ~1\/10000), mais elle repr\u00e9sente en France plus de 6000 patients. Elle est caract\u00e9ris\u00e9e par trois types de sympt\u00f4mes\u00a0: des mouvements involontaires (chor\u00e9e), des d\u00e9ficits cognitifs, et des atteintes psychiatriques associ\u00e9e \u00e0 une atrophie c\u00e9r\u00e9brale qui touche de mani\u00e8re pr\u00e9coce le striatum. Le d\u00e9c\u00e8s des patients survient quinze \u00e0 vingt ans apr\u00e8s que les premiers sympt\u00f4mes soient d\u00e9tect\u00e9s.\u00a0 Bien qu\u2019un grand nombre de laboratoires et \u00e9quipes cliniques en France et dans le monde entier, soutenus par les associations de malades et leurs familles, concentrent leurs efforts de recherche sur la maladie de Huntington, il n\u2019existe \u00e0 l\u2019heure actuelle aucune th\u00e9rapie pouvant ralentir l\u2019aggravation inexorable de la maladie.<\/p>\n<p>Les principales caract\u00e9ristiques h\u00e9r\u00e9ditaires et neurologiques de la maladie ont\u00a0 \u00e9t\u00e9 d\u00e9crites par une jeune m\u00e9decin, le Dr George Huntington en 1872. C\u2019est plus d\u2019un si\u00e8cle plus tard, en 1993, que l\u2019anomalie g\u00e9n\u00e9tique responsable de la maladie de Huntington a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9e. Il s\u2019agit d\u2019une expansion anormale de triplet CAG dans la partie codante du g\u00e8ne de la prot\u00e9ine huntingtine. Comment cette mutation pourrait conduire \u00e0 la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence des neurones\u00a0? Quelles sont les fonctions biologiques de la prot\u00e9ine huntingtine normale\u00a0? Quels m\u00e9canismes pourraient expliquer que la mutation qui produit une expansion anormale d\u2019un segment polyglutamine dans l\u2019huntingtine, fragilise pr\u00e9f\u00e9rentiellement les neurones du syst\u00e8me nerveux\u00a0? \u00a0Les chercheurs neurobiologistes et cliniciens ont abord\u00e9 ces questions cruciales depuis plus de vingt ans. Sandrine Humbert et Fr\u00e9d\u00e9ric Saudou nous rappellent les principales d\u00e9couvertes li\u00e9es \u00e0 ces questions.<\/p>\n<p>L\u2019huntingtine peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une prot\u00e9ine d\u2019\u00e9chafaudage. Elle est exprim\u00e9e dans tous les types cellulaires. Plusieurs de ses domaines fonctionnels sont retrouv\u00e9s dans des organismes tr\u00e8s anciens au plan phylog\u00e9n\u00e9tique. L\u2019huntingtine poss\u00e8de un nombre impressionnant de partenaires prot\u00e9iques qui agissent dans des fonctions cellulaires diverses. Depuis plus de 15 ans, plusieurs travaux ont montr\u00e9 son r\u00f4le anti-apoptotique, en agissant \u00e0 divers niveaux de la cellule. Les d\u00e9couvertes r\u00e9centes sur l\u2019huntingtine normale (sauvage) et la forme mut\u00e9e ont mis en \u00e9vidence son implication dans la r\u00e9gulation de la transcription, des moteurs mol\u00e9culaires du transport axonal, des g\u00e9n\u00e9rateurs locaux d\u2019\u00e9nergie pour le transport des v\u00e9sicules, de l\u2019endocytose, de l\u2019orientation du faisceau mitotique et de l\u2019autophagie.<\/p>\n<p>Par ses fonctions vari\u00e9es, l\u2019huntingtine interviendrait ainsi dans divers processus neurobiologiques du cerveau adulte mais \u00e9galement pendant le d\u00e9veloppement et si son r\u00f4le dans la maladie de Huntington est certain, elle pourrait \u00e9galement intervenir indirectement dans d\u2019autres pathologies psychiatriques et neurologiques.<\/p>\n<p>S\u2019il n\u2019existe pas encore de traitement pour bloquer ou retarder l\u2019\u00e9volution de la maladie de Huntington, la somme impressionnante des connaissances accumul\u00e9es depuis la d\u00e9couverte du g\u00e8ne, permet de mieux appr\u00e9hender la complexit\u00e9 de la biologie de l\u2019huntingtine. Am\u00e9liorer notre compr\u00e9hension de cette biologie est un axe de recherche crucial\u00a0 pour \u00e0 terme d\u00e9couvrir une th\u00e9rapie efficace pour la maladie de Huntington.<\/p>\n<p>R\u00e9f\u00e9rence de l\u2019article\u00a0: Saudou F, Humbert S. The Biology of Huntingtin. Neuron. 2016, 89:910-26. doi: 10.1016\/j.neuron.2016.02.003.<\/p>\n<p>Lien vers l\u2019article\u00a0:\u00a0<a href=\"http:\/\/www.cell.com\/neuron\/abstract\/S0896-6273(16)00096-9?_returnURL=http%3A%2F%2Flinkinghub.elsevier.com%2Fretrieve%2Fpii%2FS0896627316000969%3Fshowall%3Dtrue\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Neuron<\/a><\/p>\n<p>Contacts: \u00a0<a href=\"mailto:frederic.saudou@inserm.fr\">Fr\u00e9d\u00e9ric Saudou<\/a> &amp; <a href=\"mailto:sandrine.humbert@univ-grenoble-alpes.fr\">Sandrine Humbert<\/a> \u2013 University Grenoble Alpes, Grenoble Institut des Neurosciences, GIN, 38000 Grenoble, France; INSERM, U1216, 38000 Grenoble, France; CHU Grenoble Alpes, 38000 Grenoble, France.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La revue \u00e9crite par Sandrine Humbert et Fr\u00e9d\u00e9rique Saudou dans la revue Neuron pr\u00e9sente de mani\u00e8re remarquable les principales d\u00e9couvertes de ces derni\u00e8res ann\u00e9es sur l\u2019huntingtine. 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