{"id":25809,"date":"2025-04-02T10:24:26","date_gmt":"2025-04-02T08:24:26","guid":{"rendered":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/2025\/04\/portrait-de-catherine-tallon-baudry-par-valentin-wyart\/"},"modified":"2025-04-02T10:44:25","modified_gmt":"2025-04-02T08:44:25","slug":"portrait-de-catherine-tallon-baudry-par-valentin-wyart","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/2025\/04\/portrait-de-catherine-tallon-baudry-par-valentin-wyart\/","title":{"rendered":"Portrait de Catherine Tallon-Baudry, par Valentin Wyart"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Catherine Tallon-Baudry est une neuroscientifique fran\u00e7aise, directrice de recherche au CNRS, qui s\u2019est sp\u00e9cialis\u00e9e tout au long de sa carri\u00e8re dans l\u2019\u00e9tude de probl\u00e8mes particuli\u00e8rement difficiles en neurosciences cognitives, \u00e0 l\u2019interface entre neurosciences, psychologie et philosophie. De fa\u00e7on r\u00e9p\u00e9t\u00e9e, ses travaux ont contribu\u00e9 \u00e0 ouvrir de nouveaux champs de recherche, depuis son doctorat jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Apr\u00e8s des \u00e9tudes de biologie \u00e0 l\u2019\u00c9cole normale sup\u00e9rieure de Lyon, elle obtient en 1997 un doctorat en neurosciences \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Claude Bernard (Lyon 1), sous la direction de Jacques Pernier. Ses travaux de th\u00e8se sont les premiers \u00e0 mettre en \u00e9vidence l\u2019existence d\u2019oscillations c\u00e9r\u00e9brales de haute fr\u00e9quence, dites gamma, dans les signaux \u00e9lectroenc\u00e9phalographiques (EEG) humains, et \u00e0 d\u00e9montrer leur lien avec l\u2019int\u00e9gration des diff\u00e9rentes parties d\u2019un objet visuel per\u00e7u. Ces oscillations n\u2019avaient alors \u00e9t\u00e9 observ\u00e9es qu\u2019en r\u00e9ponse \u00e0 des stimuli visuels tr\u00e8s simples chez le primate non-humain, et leur mise en \u00e9vidence chez l\u2019humain par Catherine Tallon-Baudry et ses coll\u00e8gues a stimul\u00e9 un champ de recherche extr\u00eamement dynamique et toujours tr\u00e8s actif aujourd\u2019hui. Elle a poursuivi ces travaux originaux et novateurs en post-doctorat \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Br\u00eame en Allemagne, en montrant un r\u00f4le pour les oscillations c\u00e9r\u00e9brales dans le maintien d\u2019objets en m\u00e9moire de travail \u00e0 l\u2019aide d\u2019enregistrements \u00e9lectrophysiologiques plus pr\u00e9cis. Les d\u00e9couvertes exp\u00e9rimentales de Catherine Tallon-Baudry sur les oscillations c\u00e9r\u00e9brales ont eu un impact profond sur la compr\u00e9hension de leurs possibles fonctions cognitives. Si une telle id\u00e9e est aujourd\u2019hui admise par une partie de la communaut\u00e9 neuroscientifique, notamment gr\u00e2ce aux travaux de Catherine Tallon-Baudry, les oscillations c\u00e9r\u00e9brales \u00e9taient \u00e0 l\u2019\u00e9poque ignor\u00e9es, consid\u00e9r\u00e9es comme du bruit et non comme un signal d\u2019int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">En 1999, Catherine Tallon-Baudry int\u00e8gre le CNRS en tant que charg\u00e9e de recherche, et elle rejoint en 2002 le laboratoire \u201cNeurosciences Cognitives et Imagerie C\u00e9r\u00e9brale\u201d, plus connu sous le nom de LENA, \u00e0 l\u2019H\u00f4pital de la Piti\u00e9-Salp\u00eatri\u00e8re. Ses travaux de recherche vont alors s\u2019orienter vers l\u2019\u00e9tude de la conscience, et du r\u00f4le possible des oscillations c\u00e9r\u00e9brales dans la perception consciente. Alors que les recherches neuroscientifiques dans le domaine visaient \u00e0 identifier les corr\u00e9lats c\u00e9r\u00e9braux de la conscience, c\u2019est \u00e0 dire les signaux c\u00e9r\u00e9braux diagnostiques de la perception consciente d\u2019un objet visuel, Catherine Tallon-Baudry souhaite s\u2019attaquer \u00e0 ce qui est connu en philosophie comme le \u201cprobl\u00e8me difficile\u201d de la conscience : ce que \u201c\u00e7a fait\u201d d\u2019\u00eatre conscient, et les signaux c\u00e9r\u00e9braux qui contribuent \u00e0 cette dimension \u201csubjective\u201d de la perception consciente. Ses travaux sur le sujet, auxquels j\u2019ai eu la chance de contribuer pendant mon doctorat sous sa direction, ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une double dissociation entre les corr\u00e9lats c\u00e9r\u00e9braux de l\u2019attention et ceux de la conscience visuelle dans les centaines de millisecondes qui suivent l\u2019apparition de stimuli au seuil de perception consciente. En montrant que la perception consciente ne se limite pas au fait de porter attention \u00e0 un stimulus, Catherine Tallon-Baudry a ouvert la voie \u00e0 de nombreuses recherches visant \u00e0 mieux comprendre la dimension subjective de la conscience et d\u2019autres processus cognitifs. Elle est \u00e9lue pr\u00e9sidente de l\u2019Association for the Scientific Study of Consciousness (ASSC) en 2017, et participe \u00e0 f\u00e9d\u00e9rer une communaut\u00e9 de recherche extr\u00eamement diverse sur la conscience, regroupant des neuroscientifiques, des psychologues et des philosophes. Elle dirige \u00e9galement pendant cette p\u00e9riode le centre de magn\u00e9toenc\u00e9phalographie (MEG) de l\u2019Institut du Cerveau, une technique de neuroimagerie qu\u2019elle contribue activement \u00e0 populariser gr\u00e2ce \u00e0 ses travaux.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Catherine Tallon-Baudry rejoint en 2012 en tant que directrice de recherche le Laboratoire de Neurosciences Cognitives de l\u2019Ecole normale sup\u00e9rieure, laboratoire dont elle est aujourd\u2019hui directrice. Ses recherches s\u2019orientent alors vers une nouvelle question, l\u00e0 encore extr\u00eamement difficile : le r\u00f4le des interactions entre cerveau et corps dans l\u2019\u00e9mergence d\u2019une conscience de soi. Elle obtient pour mener \u00e0 bien ses travaux une bourse de l\u2019European Research Council (ERC), et explore comment les signaux visc\u00e9raux, tels que les rythmes cardiaques et gastriques, influencent l\u2019activit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale et la perception consciente. Elle obtient plusieurs r\u00e9sultats qui sugg\u00e8rent que l\u2019int\u00e9gration des signaux corporels et c\u00e9r\u00e9braux joue un r\u00f4le dans l\u2019exp\u00e9rience consciente. Les travaux de Catherine Tallon-Baudry sur ce sujet ont \u00e9galement contribu\u00e9 \u00e0 stimuler un nouveau champ de recherche sur l\u2019interoception. C\u2019est donc sans surprise qu\u2019elle re\u00e7oit en 2021 la m\u00e9daille d\u2019argent du CNRS, pour r\u00e9compenser l\u2019originalit\u00e9 et l\u2019importance de ses travaux. La Lecture Alfred Fessard 2025 nous offre une occasion de l\u2019entendre pr\u00e9senter ses recherches originales, mais peut-\u00eatre aussi de savoir quelle sera la prochaine question \u00e9minemment difficile \u00e0 laquelle elle souhaite r\u00e9pondre dans les prochaines ann\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><strong>Valentin Wyart<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Catherine Tallon-Baudry donnera la Lecture Alfred Fessard lors du colloque <a href=\"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/SN25\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">NeuroFrance 2025<\/a>, le 15 mai \u00e0 18h30 au Corum de Montpellier, sur le th\u00e8me \u00ab Greater than the sum of its parts: brain, heart and stomach \u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Catherine Tallon-Baudry est une neuroscientifique fran\u00e7aise, directrice de recherche au CNRS, qui s\u2019est sp\u00e9cialis\u00e9e tout au long de sa carri\u00e8re dans l\u2019\u00e9tude de probl\u00e8mes particuli\u00e8rement difficiles en neurosciences cognitives, \u00e0 l\u2019interface entre neurosciences, psychologie et philosophie. 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