{"id":25077,"date":"2025-01-07T14:33:01","date_gmt":"2025-01-07T12:33:01","guid":{"rendered":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/2025\/01\/une-nouvelle-voie-pour-securiser-la-prise-en-charge-de-la-douleur-par-les-opioides\/"},"modified":"2025-01-07T14:34:05","modified_gmt":"2025-01-07T12:34:05","slug":"une-nouvelle-voie-pour-securiser-la-prise-en-charge-de-la-douleur-par-les-opioides","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/2025\/01\/une-nouvelle-voie-pour-securiser-la-prise-en-charge-de-la-douleur-par-les-opioides\/","title":{"rendered":"Une nouvelle voie pour s\u00e9curiser la prise en charge de la douleur par les opio\u00efdes"},"content":{"rendered":"<p>Si les opio\u00efdes sont le traitement le plus efficace dans la prise en charge de la douleur, et en particulier de la douleur chronique, leur utilisation prolong\u00e9e pr\u00e9sente de nombreux inconv\u00e9nients parmi lesquels : la tol\u00e9rance, qui n\u00e9cessite d\u2019augmenter les doses pour maintenir l\u2019effet analg\u00e9sique, et l\u2019hyperalg\u00e9sie, une sensibilit\u00e9 accrue \u00e0 la douleur induite par les opio\u00efdes. Deux ph\u00e9nom\u00e8nes sur lesquels se sont pench\u00e9s des chercheurs de l\u2019Universit\u00e9 de Montpellier, de l\u2019Inserm et du CNRS en collaboration avec la soci\u00e9t\u00e9 Biodol Therapeutics, pour tenter de trouver des solutions. Leur \u00e9tude publi\u00e9e le 7 novembre 2024 dans Nature Communications ouvre des pistes prometteuses pour supprimer la tol\u00e9rance et l\u2019hyperalg\u00e9sie tout en augmentant l\u2019effet analg\u00e9sique des opio\u00efdes.<\/p>\n<p>Dans la lutte contre la douleur, notamment chronique, les meilleures armes de l\u2019arsenal th\u00e9rapeutique sont les opio\u00efdes, qui font preuve d\u2019une efficacit\u00e9 analg\u00e9sique in\u00e9gal\u00e9e. Probl\u00e8me : une utilisation prolong\u00e9e des opio\u00efdes peut entra\u00eener une tol\u00e9rance obligeant le patient \u00e0 augmenter la dose pour maintenir l\u2019effet analg\u00e9sique, avec de lourdes cons\u00e9quences en termes d\u2019effets secondaires et de risques d\u2019addiction.<br \/>\nPar ailleurs, les opio\u00efdes peuvent induire de fa\u00e7on paradoxale une sensibilit\u00e9 anormale \u00e0 la douleur, appel\u00e9e \u00ab hyperalg\u00e9sie \u00bb.<\/p>\n<p>Si les m\u00e9canismes \u00e0 l\u2019origine de ces ph\u00e9nom\u00e8nes restent imparfaitement connus, on sait que ces effets contradictoires sont notamment m\u00e9di\u00e9s par le r\u00e9cepteur mu-opio\u00efde p\u00e9riph\u00e9rique MOR. Une voie importante mais qui n\u2019est pas la seule impliqu\u00e9e. Dans cette \u00e9tude, Cyril Rivat, chercheur \u00e0 l\u2019Institut des Neurosciences de Montpellier (INM), et ses collaborateurs de l\u2019Universit\u00e9 de Montpellier, de I\u2019Inserm, du CNRS et de la soci\u00e9t\u00e9 Biodol Therapeutics, ont mis en \u00e9vidence une co-expression du r\u00e9cepteur MOR et du r\u00e9cepteur tyrosine kinase FLT3, qui participerait au d\u00e9veloppement de la tol\u00e9rance et de l\u2019hyperalg\u00e9sie paradoxale li\u00e9es aux opio\u00efdes.<\/p>\n<p>Restaurer l\u2019efficacit\u00e9 de la morphine<\/p>\n<p>Pour perturber l\u2019effet de ce r\u00e9cepteur FLT3 nouvellement identifi\u00e9, les chercheurs ont ici test\u00e9 les effets d\u2019une mol\u00e9cule particuli\u00e8re, un inhibiteur appel\u00e9 BDT001. Administr\u00e9 chez le rongeur en m\u00eame temps que la morphine, celui-ci a permis non seulement de pr\u00e9venir l\u2019apparition des ph\u00e9nom\u00e8nes de tol\u00e9rance et d\u2019hyperalg\u00e9sie mais aussi d\u2019augmenter de fa\u00e7on importante le potentiel analg\u00e9sique de la morphine sans aggraver les autres effets ind\u00e9sirables induits par les opio\u00efdes.<\/p>\n<p>Le traitement par l\u2019inhibiteur BDT001 a aussi montr\u00e9 sa capacit\u00e9 \u00e0 supprimer les ph\u00e9nom\u00e8nes de tol\u00e9rance et d\u2019hyperalg\u00e9sie d\u00e9j\u00e0 install\u00e9s chez des rongeurs pr\u00e9alablement expos\u00e9s aux opio\u00efdes, permettant ainsi de restaurer l\u2019efficacit\u00e9 de la morphine.<\/p>\n<p>\u00ab Nos r\u00e9sultats sugg\u00e8rent que l\u2019association de la morphine et des inhibiteurs de FLT3 pourrait devenir une voie prometteuse pour la gestion de la douleur chronique afin d\u2019exploiter en toute s\u00e9curit\u00e9 la puissance des opio\u00efdes, sans risque d\u2019augmenter les doses voire de les diminuer afin de r\u00e9duire l\u2019ensemble des effets secondaires \u00bb, souligne Cyril Rivat.<\/p>\n<p>Une avanc\u00e9e majeure alors m\u00eame que ces m\u00e9dicaments sont au c\u0153ur d\u2019un \u00e9norme enjeu sanitaire, notamment aux \u00c9tats-Unis o\u00f9 la \u00ab crise des opio\u00efdes \u00bb a provoqu\u00e9 le d\u00e9c\u00e8s de 800 000 personnes en 25 ans.<\/p>\n<p>R\u00e9f\u00e9rence<br \/>\nJouvenel, A., Tassou, A., Thouaye, M., Ruel, J., Antri, M., Leyris, J. P. &#8230; &amp; Rivat, C.<br \/>\nFLT3 signaling inhibition abrogates opioid tolerance and hyperalgesia while preserving analgesia. Nat Commun 15, 9633 (2024). https:\/\/doi-org.insb.bib.cnrs.fr\/10.1038\/s41467-024-54054-y<\/p>\n<p>En savoir plus : https:\/\/www.umontpellier.fr\/articles\/a-lum-la-science-s04-ep09-securiser-le-traitement-de-la-douleur<\/p>\n<p>\u00a9 Cyril Rivat, Institut Neurosciences de Montpellier de Neurosciences, INSERM<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si les opio\u00efdes sont le traitement le plus efficace dans la prise en charge de la douleur, et en particulier de la douleur chronique, leur utilisation prolong\u00e9e pr\u00e9sente de nombreux inconv\u00e9nients parmi lesquels : la tol\u00e9rance, qui n\u00e9cessite d\u2019augmenter les doses pour maintenir l\u2019effet analg\u00e9sique, et l\u2019hyperalg\u00e9sie, une sensibilit\u00e9 accrue \u00e0 la douleur induite par [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":26,"featured_media":25073,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[25],"tags":[31],"class_list":["post-25077","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-uncategorized","tag-actualite-en"],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-04-22 05:21:50","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category"},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25077","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/26"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=25077"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25077\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":25078,"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25077\/revisions\/25078"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/25073"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=25077"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=25077"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=25077"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}