{"id":14408,"date":"2021-02-15T09:24:52","date_gmt":"2021-02-15T07:24:52","guid":{"rendered":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/2021\/02\/les-astrocytes-ces-petites-etoiles-qui-guident-nos-emotions\/"},"modified":"2021-02-15T09:25:22","modified_gmt":"2021-02-15T07:25:22","slug":"les-astrocytes-ces-petites-etoiles-qui-guident-nos-emotions","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/2021\/02\/les-astrocytes-ces-petites-etoiles-qui-guident-nos-emotions\/","title":{"rendered":"Les astrocytes, ces petites \u00e9toiles qui guident nos \u00e9motions"},"content":{"rendered":"<p>Une \u00e9tude internationale vient de d\u00e9montrer pour la premi\u00e8re fois comment l\u2019ocytocine, neuropeptide synth\u00e9tis\u00e9 au sein de l\u2019hypothalamus, contr\u00f4le nos \u00e9motions. Elle est d\u00e9tect\u00e9e par les astrocytes (astro &#8211; \u00e9toile et cyte &#8211; cellule), des cellules gliales encore peu \u00e9tudi\u00e9es, qui coordonnent et amplifient son action au sein du r\u00e9seau neuronal pour diminuer l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 et promouvoir notre bien-\u00eatre. Ces importants r\u00e9sultats sont d\u00e9taill\u00e9s dans un article publi\u00e9 dans la revue Nature Neuroscience.<\/p>\n<p>Le cerveau est compos\u00e9 de centaines de milliards de cellules, notamment des neurones qui ont \u00e9t\u00e9 au centre de l\u2019attention de la recherche et de la m\u00e9decine, jusqu\u2019\u00e0 faire baptiser la science du syst\u00e8me nerveux \u00ab neuroscience \u00bb. Cet enthousiasme vient du fait que les neurones ont la particularit\u00e9 d\u2019avoir une activit\u00e9 \u00e9lectrique, attisant les espoirs des neuroscientifiques cherchant \u00e0 d\u00e9crypter le code neuronal dans le but de comprendre nos comportements les plus complexes. Si cette approche a connu des succ\u00e8s ph\u00e9nom\u00e9naux au cours de ces derni\u00e8res d\u00e9cennies, il faut noter que le cerveau poss\u00e8de autant de neurones que de cellules gliales. Bien qu\u2019initialement consid\u00e9r\u00e9es comme de simples soutiens aux neurones, on assiste actuellement \u00e0 un changement de paradigme : les cellules gliales, et plus particuli\u00e8rement les astrocytes, collaborent \u00e9troitement avec les neurones pour traiter l\u2019information sensorielle et \u00e9motionnelle. Ainsi, des substances neuroactives peuvent \u00eatre d\u00e9tect\u00e9es par les astrocytes, c\u2019est le cas pour les neurotransmetteurs \u201cclassiques\u201d, tels le glutamate ou l\u2019adr\u00e9naline. Cependant, la participation des astrocytes dans la modulation des \u00e9motions par des neurohormones, telle que l\u2019ocytocine, reste drap\u00e9e de myst\u00e8re. R\u00e9cemment, une \u00e9tude parue dans Nature Neuroscience a mis en \u00e9vidence que les astrocytes peuvent d\u00e9tecter la pr\u00e9sence de l\u2019ocytocine. Ce petit peptide de 9 acides amin\u00e9s a fait d\u00e9j\u00e0 couler beaucoup d\u2019encre pour ses fonctions dans la r\u00e9gulation des \u00e9motions comme la douleur (Eliava et al., Neuron, 2016), la peur (Hasan et al., Neuron, 2019) ou le lien social (Tang et al., Nat Neuro, 2020), promouvant le bien-\u00eatre de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale. Jusqu\u2019alors, les scientifiques pensaient que les effets de l\u2019ocytocine \u00e9taient uniquement m\u00e9di\u00e9s par son action directe sur les neurones. En \u00e9tudiant son effet au sein de l\u2019amygdale, une structure du syst\u00e8me limbique, Wahis et al. ont d\u00e9couverts que l\u2019ocytocine stimule une sous-population sp\u00e9cifique d\u2019astrocytes, qui s\u00e9cr\u00e8te ensuite un messager augmentant l\u2019activit\u00e9 des neurones, provoquant ainsi une diminution de l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 et une sensation de bien-\u00eatre chez le rongeur.<\/p>\n<p>En plus d\u2019identifier un nouvel acteur dans la signalisation de l\u2019ocytocine au sein du cerveau, cette d\u00e9couverte \u00e9taye la th\u00e9orie selon laquelle les neurones et les astrocytes seraient des canaux de communication compl\u00e9mentaires : les influx \u00e9lectriques port\u00e9s par les neurones sont rapides et localis\u00e9s tandis que les signaux astrocytaires sont longs et diffus, expliquant ce sentiment persistant de bien-\u00eatre induit par l\u2019ocytocine<\/p>\n<p>Pour en savoir plus\u00a0: Wahis J*, Baudon A*, Althammer F*, Kerspern D*, Goyon S, Hagiwara D, Lef\u00e8vre A, Barteczko L, Boury-Jamot B, Bellanger B, Abatis M, Silva da Gouveia M, Benusiglio D, Eliava M, Rozov A, Weinsanto I, Knobloch-Bollmann HS, Kirchner MK, Roy RJ, Wang H, Pertin M, Inquimbert P, Pitzer C, Siemens J, Goumon Y, Boutrel B, Lamy CM, D\u00e9costerd I, Chatton J-Y, Rouach N, Young SW, Stern JE, Poisbeau P, Stoop R, Darbon P, Grinevich V, Charlet A. Astrocytes mediate the effect of oxytocin in the central amygdala on neuronal activity and affective states in rodents. (Nature Neuroscience, in press). *Co-first authors.<\/p>\n<p>Contact chercheur : Charlet Alexandre, acharlet@unistra.fr, Institut des Neurosciences Cellulaires et Int\u00e9gratives, CNRS UPR3212, 8, all\u00e9e du G\u00e9n\u00e9ral Rouvillois, 67000 Strasbourg<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une \u00e9tude internationale vient de d\u00e9montrer pour la premi\u00e8re fois comment l\u2019ocytocine, neuropeptide synth\u00e9tis\u00e9 au sein de l\u2019hypothalamus, contr\u00f4le nos \u00e9motions. 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