{"id":14317,"date":"2021-01-18T17:20:37","date_gmt":"2021-01-18T15:20:37","guid":{"rendered":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/?p=14317"},"modified":"2021-01-18T17:23:19","modified_gmt":"2021-01-18T15:23:19","slug":"alterations-tres-precoces-des-regulations-epigenetiques-dans-la-maladie-de-huntington","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/2021\/01\/alterations-tres-precoces-des-regulations-epigenetiques-dans-la-maladie-de-huntington\/","title":{"rendered":"Alt\u00e9rations tr\u00e8s pr\u00e9coces des r\u00e9gulations \u00e9pig\u00e9n\u00e9tiques dans la maladie de Huntington"},"content":{"rendered":"<p>La maladie de Huntington affecte de fa\u00e7on primaire les neurones du striatum, structure c\u00e9r\u00e9brale impliqu\u00e9e dans le contr\u00f4le des mouvements volontaires et dans certaines fonctions cognitives. Dans cette \u00e9tude parue dans la revue Nature Communications, les scientifiques montrent que, chez des souris mod\u00e8les de la maladie, les m\u00e9canismes \u00e9pig\u00e9n\u00e9tiques qui contribuent \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 des neurones du striatum sont alt\u00e9r\u00e9s bien avant l\u2019apparition des troubles moteurs. Ces nouvelles donn\u00e9es apportent une preuve mol\u00e9culaire de la d\u00e9t\u00e9rioration pr\u00e9coce et progressive du striatum \u00ab\u00a0Huntington\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La maladie de Huntington est une maladie g\u00e9n\u00e9tique rare, diagnostiqu\u00e9e g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte et entra\u00eenant la mort au terme d\u2019une \u00e9volution de 10-15 ans. Elle se caract\u00e9rise par des sympt\u00f4mes moteurs (des mouvements involontaires) et comportementaux typiques, r\u00e9sultant d\u2019une atteinte primaire des neurones du striatum, une r\u00e9gion sous-corticale du cerveau. Quels sont les m\u00e9canismes qui sous-tendent la mort (ou d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence) des neurones striataux ? Quand ces m\u00e9canismes se mettent-il en place\u00a0? Ces questions restent encore largement ouvertes. Y apporter des r\u00e9ponses est essentiel, puisque le succ\u00e8s d\u2019une th\u00e9rapie d\u00e9pend \u00e0 la fois de la sp\u00e9cificit\u00e9 du traitement et de la pr\u00e9cocit\u00e9 du diagnostic.<\/p>\n<p>La d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence des neurones du striatum chez les patients Huntington survient au terme d\u2019une longue p\u00e9riode de dysfonctionnement, portant atteinte \u00e0 leur identit\u00e9. Au cours du d\u00e9veloppement, les cellules se diff\u00e9rencient en types cellulaires d\u00e9finis (par exemple, une cellule musculaire, h\u00e9patique, neuronale, etc\u2026), acqu\u00e9rant ainsi une fonction et une identit\u00e9 pr\u00e9cises. L\u2019acquisition et le maintien d\u2019une fonction\/identit\u00e9 cellulaire au sein d\u2019un organisme est sous le contr\u00f4le de m\u00e9canismes \u00e9pig\u00e9n\u00e9tiques, c\u2019est-\u00e0-dire de m\u00e9canismes capables de modifier l\u2019\u00e9tat de compaction de la chromatine, et en cons\u00e9quence l\u2019accessibilit\u00e9 des g\u00e8nes. Ainsi, certaines modifications chimiques sur les histones -un composant majeur de la chromatine- comme l\u2019ac\u00e9tylation favorisent un \u00e9tat rel\u00e2ch\u00e9 de la chromatine, permettant l\u2019expression des g\u00e8nes. Les g\u00e8nes qui d\u00e9finissent la fonction\/l\u2019identit\u00e9 d\u2019une cellule sont fortement exprim\u00e9s, et la chromatine qui les porte est r\u00e9gionalement hyper-ac\u00e9tyl\u00e9e.<\/p>\n<p>On savait que l\u2019expression des g\u00e8nes de l\u2019identit\u00e9 striatale et l\u2019ac\u00e9tylation de la chromatine associ\u00e9e \u00e9taient r\u00e9duites chez les patients Huntington et chez des souris mod\u00e8les symptomatiques. Cette nouvelle \u00e9tude r\u00e9v\u00e8le que la perte s\u00e9lective d\u2019ac\u00e9tylation des histones au niveau des g\u00e8nes de l\u2019identit\u00e9 striatale se met en place tr\u00e8s pr\u00e9cocement, bien avant l\u2019apparition des d\u00e9ficits moteurs chez la souris, et que ce processus a pour effet une acc\u00e9l\u00e9ration des m\u00e9canismes \u00e9pig\u00e9n\u00e9tiques li\u00e9s au vieillissement.<\/p>\n<p>La maladie de Huntington est caus\u00e9e par une mutation unique, une r\u00e9p\u00e9tition anormale de codons CAG dans le g\u00e8ne Huntingtine (HTT). Les scientifiques montrent que des alt\u00e9rations \u00e9pig\u00e9n\u00e9tiques ciblent plus sp\u00e9cifiquement le g\u00e8ne mut\u00e9. Les r\u00e9sultats indiquent que la pr\u00e9sence de la mutation chez la souris modifie pr\u00e9cocement l\u2019organisation tridimensionnelle de la chromatine et l\u2019expression des g\u00e8nes associ\u00e9s.<\/p>\n<p>Ces travaux am\u00e9liorent ainsi la compr\u00e9hension du processus pathog\u00e9nique de la maladie de Huntington, en montrant que la mutation en cause affecte pr\u00e9cocement la chromatine du striatum par deux m\u00e9canismes distincts.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rence:<\/strong> Age-related and disease locus-specific mechanisms contribute to early remodelling of chromatin structure in Huntington\u2019s disease mice. Alcal.-Vida R, Seguin J, Lotz C, Molitor AM, Irastorza-Azcarate I, Awada A, Karasu N, Bombardier A, Cosquer B, Gomez Skarmeta JL, Cassel JC, Boutillier AL, Sexton T, Merienne K<br \/>\nNature communications 13 Janvier 2021. https:\/\/doi.org\/10.1038\/s41467-020-20605-2<\/p>\n<p><strong>Contact chercheuse:<\/strong> Karine Merienne, Chercheuse CNRS au Laboratoire de neurosciences cognitives et adaptatives (LNCA). karine.merienne@unistra.fr<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La maladie de Huntington affecte de fa\u00e7on primaire les neurones du striatum, structure c\u00e9r\u00e9brale impliqu\u00e9e dans le contr\u00f4le des mouvements volontaires et dans certaines fonctions cognitives. 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