{"id":13157,"date":"2020-03-17T19:03:00","date_gmt":"2020-03-17T17:03:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/2020\/03\/les-lipides-nutritionnels-controlent-le-systeme-de-la-recompense\/"},"modified":"2020-03-17T19:03:23","modified_gmt":"2020-03-17T17:03:23","slug":"les-lipides-nutritionnels-controlent-le-systeme-de-la-recompense","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/2020\/03\/les-lipides-nutritionnels-controlent-le-systeme-de-la-recompense\/","title":{"rendered":"Les lipides nutritionnels contr\u00f4lent le syst\u00e8me de la r\u00e9compense"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019alimentation est sans doute essentielle \u00e0 la survie mais est aussi source de plaisir. Depuis plusieurs ann\u00e9es la litt\u00e9rature scientifique pointe des liens \u00e9troits entre alimentation trop riche, prise alimentaire compulsive et ob\u00e9sit\u00e9.<\/p>\n<p>Des scientifiques du CNRS et d\u2019Universit\u00e9 de Paris (Unit\u00e9 de Biologie Fonctionnelle et Adaptative 1,2) viennent de montrer comment les triglyc\u00e9rides, les lipides qui se retrouvent dans le sang apr\u00e8s la digestion des graisses par notre intestin, agissent sur le cerveau, et notamment au niveau du \u00ab circuit de la r\u00e9compense \u00bb. Publi\u00e9s dans Cell Metabolism le 5 mars 2020, ces r\u00e9sultats apportent un \u00e9clairage nouveau sur le lien entre alimentation et d\u00e9r\u00e8glements des comportements alimentaires.<\/p>\n<p>A l\u2019aide de plusieurs approches compl\u00e9mentaires et multi-\u00e9chelles, ces travaux montrent que les triglyc\u00e9rides interagissent avec certains neurones du \u00ab\u00a0circuit de la r\u00e9compense\u00a0\u00bb et diminuent leur excitabilit\u00e9. Ces neurones portent un type sp\u00e9cifique de r\u00e9cepteur de la dopamine, le r\u00e9cepteur de type 2 (DRD2), et leur activit\u00e9 participe au renforcement des comportements de recherche de r\u00e9compense. Les scientifiques ont d\u2019ailleurs observ\u00e9 que la manipulation des taux de triglyc\u00e9rides dans le cerveau des souris modifie plusieurs comportements associ\u00e9s \u00e0 la dopamine, comme le plaisir et la motivation \u00e0 collecter de la nourriture.<\/p>\n<p>De mani\u00e8re int\u00e9ressante, ces m\u00eames neurones poss\u00e8dent les outils mol\u00e9culaires n\u00e9cessaires \u00e0 la d\u00e9tection et l\u2019utilisation de ces lipides. En particulier, on trouve sur les neurones qui lib\u00e8rent de la dopamine ou ceux qui, en aval re\u00e7oivent et r\u00e9pondent \u00e0 la dopamine, une enzyme sp\u00e9cialis\u00e9e dans le d\u00e9coupage des triglyc\u00e9rides en lipides plus simple et plus facilement utilisables par la cellule : la lipoprot\u00e9ine lipase (LPL). Ces r\u00e9sultats laissent penser que les neurones du circuit de la r\u00e9compense seraient donc en capacit\u00e9 de r\u00e9pondre aux triglyc\u00e9rides, comme ils r\u00e9pondent au neurom\u00e9diateur dopamine.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tude est compl\u00e9t\u00e9e par la mesure de la r\u00e9ponse du cerveau \u00e0 une odeur de nourriture dans des conditions de jeun ou apr\u00e8s un repas. En collaboration avec nos coll\u00e8gues, nous avons montr\u00e9 que la r\u00e9ponse du cortex pr\u00e9frontal, une des r\u00e9gions du circuit de la r\u00e9compense, est directement corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 la quantit\u00e9 de triglyc\u00e9rides circulants apr\u00e8s un repas. Plus les triglyc\u00e9rides sont \u00e9lev\u00e9s, plus la r\u00e9ponse du cortex pr\u00e9frontal \u00e0 une odeur alimentaire est att\u00e9nu\u00e9e, ce qui sugg\u00e8re que l\u2019activit\u00e9 de structures c\u00e9r\u00e9brales importantes du syst\u00e8me de r\u00e9compense peut \u00eatre directement modifi\u00e9 par un nutriment lipidique.<\/p>\n<p>Habituellement, les concentrations circulantes de triglyc\u00e9rides sont transitoires et fluctuent uniquement apr\u00e8s un repas. Ce n\u2019est pas le cas des patients ob\u00e8ses, chez lesquels on observe souvent une concentration trop \u00e9lev\u00e9e de triglyc\u00e9rides tout au long de la journ\u00e9e. On pourrait donc imaginer qu\u2019un apport constant de \u00ab\u00a0signaux\u00a0\u00bb lipidiques finirait par perturber l\u2019activit\u00e9 des neurones DRD2 et, par voie de cons\u00e9quence, perturber la \u00ab\u00a0r\u00e9compense\u00a0\u00bb associ\u00e9e \u00e0 la nourriture, ce qui peut se traduire par une comportement alimentaire d\u00e9r\u00e9gul\u00e9.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, cette \u00e9tude offre un nouveau cadre de lecture permettant potentiellement d&#8217;expliquer pourquoi l&#8217;acc\u00e8s de plus en plus r\u00e9pandu \u00e0 des nourritures riches peut contribuer \u00e0 l&#8217;\u00e9tablissement de troubles alimentaires de type compulsif et favoriser le d\u00e9veloppement de l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Notes<\/em><\/p>\n<p><em>1- Equipe COFFEE, http:\/\/bfa.univ-paris-diderot.fr\/#<\/em><\/p>\n<p><em>2- Ont \u00e9galement particip\u00e9 \u00e0 ces travaux des chercheurs et chercheuses du Centre Interdisciplinaire de Recherche en Biologie (CNRS\/Inserm\/Coll\u00e8ge de France), de l\u2019Institut de Neurosciences Cognitives et Int\u00e9gratives d\u2019Aquitaine (CNRS\/Universit\u00e9 de Bordeaux) et du laboratoire Neurosciences Paris-Seine (CNRS\/Inserm\/Sorbonne Universit\u00e9) et, au niveau international, le Helmholtz Diabetes Center,de Munich, Yale University, University of California San Diego et la soci\u00e9t\u00e9 Novo Nordisk.<\/em><\/p>\n<p>R\u00e9f\u00e9rence<\/p>\n<p>Circulating triglycerides gate dopamine-associated behaviours through dopamine receptor type 2 (DRD2)-expressing neurons. Chlo\u00e9 Berland, Enrica Montalban, Elodie Perrin, Mathieu Di Miceli, Yuko Nakamura, Maud Martinat, Mary Sullivan, Xue S. Davis, Mohammad Ali Shenasa, Claire Martin, Stefania Tolu, Fabio Marti, Stephanie Caille, Julien Castel, Sylvie Perez, Casper Gravesen Salinas, Chlo\u00e9 Morel, Jacob Hecksher-S\u00f8rensen, Martine Cador, Xavier Fioramonti, Matthias H. Tsch\u00f6p, Sophie Lay\u00e9, Laurent Venance, Philippe Faure, Thomas S. Hnasko, Dana M. Small, Giuseppe Gangarossa et Serge Luquet. Cell Metabolism, le 5 mars 2020.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Contacts<\/p>\n<p><a href=\"mailto:serge.luquet@univ-paris-diderot.fr\">Serge Luquet<\/a><\/p>\n<p><a href=\"mailto:giuseppe.gangarossa@u-paris.fr\">Giuseppe Gangarossa<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019alimentation est sans doute essentielle \u00e0 la survie mais est aussi source de plaisir. 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