{"id":13114,"date":"2020-03-12T12:30:01","date_gmt":"2020-03-12T10:30:01","guid":{"rendered":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/2020\/03\/un-engramme-ocytocinergique-pour-apprendre-et-controler-sa-peur\/"},"modified":"2020-03-12T12:30:01","modified_gmt":"2020-03-12T10:30:01","slug":"un-engramme-ocytocinergique-pour-apprendre-et-controler-sa-peur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/2020\/03\/un-engramme-ocytocinergique-pour-apprendre-et-controler-sa-peur\/","title":{"rendered":"Un engramme ocytocinergique pour apprendre et contr\u00f4ler sa peur"},"content":{"rendered":"<p>Nos souvenirs d\u00e9finissent qui nous sommes, qui nous serons. L&#8217;id\u00e9e d\u2019une repr\u00e9sentation physique de la m\u00e9moire remonte \u00e0 il y a plus de 2000 ans. En 350 av. J.-C., Aristote th\u00e9orisait que \u00ab le processus de stimulation sensorielle marque une sorte d&#8217;impression du percept, juste comme un sceau laisse son empreinte dans une cire chaude \u00bb. Cette id\u00e9e a progressivement men\u00e9e vers l\u2019hypoth\u00e8se selon laquelle des ensembles de cellules, organis\u00e9s et s\u00e9lectivement activ\u00e9s, forment les blocs de base de la trace mn\u00e9sique, l\u2019engramme. Cette hypoth\u00e8se constitue aujourd\u2019hui un champ majeur d\u2019investigations, guidant l\u2019\u00e9tude des m\u00e9canismes cellulaires et mol\u00e9culaires sous-jacents \u00e0 l\u2019encodage et la pr\u00e9servation de la m\u00e9moire. Le cerveau est l\u2019organe le plus complexe qui soit, ayant \u00e9volu\u00e9 sur des centaines de millions d\u2019ann\u00e9es \u00e0 partir de simples r\u00e9seaux de neurones responsables de comportements simples, comme orchestrer la survie en \u00e9vitant l\u2019exposition au danger. La m\u00e9moire jouant un r\u00f4le clef dans la survie de l\u2019individu, les constellations de cellules, interagissant entre elles pour former des engrammes, pourraient \u00eatre \u00e9volutivement tr\u00e8s anciennes. Pourtant, \u00e0 ce jour, le dogme pr\u00e9dominant veut que la m\u00e9moire soit encod\u00e9e dans l\u2019hippocampe pour \u00eatre ensuite stock\u00e9e dans le cortex. Cette vision limit\u00e9e ne prend que peu en consid\u00e9ration les autres structures c\u00e9r\u00e9brales, particuli\u00e8rement celles \u00e9volutivement plus anciennes pouvant effectuer une r\u00e9organisation dynamique des circuits anatomiques et fonctionnels soutenant la formation et le stockage de la m\u00e9moire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Lors d\u2019une r\u00e9cente \u00e9tude, dont les r\u00e9sultats sont publi\u00e9s dans la revue Neuron (Hasan et al., 2019), l\u2019\u00e9quipe internationale anim\u00e9e et coordonn\u00e9e par les Drs. Alexandre Charlet (France) et Valery Grinevich (Allemagne) d\u00e9montre que des engrammes sont susceptibles de se former dans des structures comme l\u2019hypothalamus. Pour ce faire, ils se sont int\u00e9ress\u00e9s aux neurones produisant l\u2019ocytocine, un neuropeptide fortement impliqu\u00e9 dans la r\u00e9gulation des \u00e9motions, incluant la douleur et la peur. A l\u2019aide d\u2019une nouvelle m\u00e9thode de ciblage g\u00e9n\u00e9tique, permettant de cibler sp\u00e9cifiquement les neurones ocytocinergiques activ\u00e9s lors de l\u2019une r\u00e9action de peur, les auteurs ont d\u00e9couvert la formation et l\u2019int\u00e9gration d\u2019engrammes hypothalamiques dont la manipulation alt\u00e8re drastiquement l\u2019expression et le souvenir d\u2019une peur. En effet, l\u2019activation optog\u00e9n\u00e9tique de ces cellules gomme enti\u00e8rement l\u2019expression de la peur; tandis que l\u2019inhibition ch\u00e9mog\u00e9n\u00e9tique de cet engramme bloque son extinction, induisant sa persistance. Par ailleurs, ces neurones font preuve d\u2019une \u00e9tonnante plasticit\u00e9, transitant d\u2019une transmission lente m\u00e9di\u00e9e par le neuropeptide ocytocine vers une communication beaucoup plus rapide, via la s\u00e9cr\u00e9tion de glutamate. Cette d\u00e9couverte majeure marque un changement de paradigme, appelant \u00e0 explorer plus avant l\u2019existence et l\u2019int\u00e9gration des engrammes dans les diff\u00e9rentes r\u00e9gions c\u00e9r\u00e9brales. Comprendre les circuits anatomiques et fonctionnels sous-jacents d\u2019une \u00e9motion telle que la peur, pourrait permettre l\u2019\u00e9mergence de nouvelles strat\u00e9gies th\u00e9rapeutiques, notamment quand la peur devient pathologique, comme dans le cas des troubles de stress post-traumatiques.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>R\u00e9f\u00e9rence\u00a0: Hasan MT*, Althammer F*, Silva da Gouveia M*, Goyon S*, Eliava M, Lefevre A, Kerspern D, Schimmer J, Raftogianni A, Wahis J, Knobloch-Bollmann HS, Tang Y, Liu X, Jain A, Chavant V, Goumon Y, Weislogel J-M, Hurlemann R, Herpertz SC, Darbon P, Dogbevia GK, Bertocchi I, Larkum ME, Sprengel R, Bading H, Charlet A#, Grinevich V#. (2019). Fear Memory Engram and its Plasticity in the Hypothalamic\u00a0Oxytocin System. Neuron, in press. #Corresponding and Co-senior authors; *Co-first authors<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Contact chercheur :<\/p>\n<p><a href=\"mailto:acharlet@unistra.fr\">Charlet Alexandre<\/a><\/p>\n<p>CRCN CNRS, Institut des Neurosciences Cellulaires et Int\u00e9gratives, CNRS UPR3212, Strasbourg<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nos souvenirs d\u00e9finissent qui nous sommes, qui nous serons. L&#8217;id\u00e9e d\u2019une repr\u00e9sentation physique de la m\u00e9moire remonte \u00e0 il y a plus de 2000 ans. En 350 av. 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