{"id":12812,"date":"2020-01-23T11:20:44","date_gmt":"2020-01-23T09:20:44","guid":{"rendered":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/2020\/01\/un-nouvel-acteur-implique-dans-les-troubles-de-la-memoire-et-de-lanxiete\/"},"modified":"2020-01-23T11:20:44","modified_gmt":"2020-01-23T09:20:44","slug":"un-nouvel-acteur-implique-dans-les-troubles-de-la-memoire-et-de-lanxiete","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/2020\/01\/un-nouvel-acteur-implique-dans-les-troubles-de-la-memoire-et-de-lanxiete\/","title":{"rendered":"Un nouvel acteur impliqu\u00e9 dans les troubles de la m\u00e9moire et de l\u2019anxi\u00e9t\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>Dans de nombreuses pathologies et maladies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives, une augmentation d\u2019une prot\u00e9ine appel\u00e9e P2X4 est observ\u00e9e \u00e0 la surface de cellules mais son r\u00f4le restait m\u00e9connu. L le groupe d\u2019Eric Bou\u00e9-Grabot, \u00e0 l\u2019IMN de Bordeaux a cr\u00e9\u00e9 une souris qui permet d\u2019augmenter le nombre de P2X4 \u00e0 la surface de cellules afin de mimer la situation pathologique et en collaboration avec plusieurs \u00e9quipes les chercheurs r\u00e9v\u00e8lent dans un travail publi\u00e9 dans Molecular Psychiatry, que le nombre accru de cette prot\u00e9ine dans les neurones cr\u00e9e une activit\u00e9 anormale dans le cerveau provoquant des troubles de la m\u00e9moire et une diminution de l\u2019anxi\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>La &#8220;mol\u00e9cule de l\u2019\u00e9nergie&#8221; des cellules, l\u2019ATP, est aussi lib\u00e9r\u00e9e \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur des cellules et sert de messager entre les cellules. La prot\u00e9ine P2X4, r\u00e9cepteur de l\u2019ATP, est exprim\u00e9e dans de nombreuses cellules \u00e0 travers tout l\u2019organisme et plus particuli\u00e8rement dans les neurones et les cellules gliales du cerveau. Cette prot\u00e9ine faiblement pr\u00e9sente \u00e0 la surface des cellules en conditions normales se r\u00e9v\u00e8le plus abondante chez certains neurones et\/ou cellules gliales dans les maladies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives telles que les maladies d\u2019Alzheimer, de Charcot ou la scl\u00e9rose en plaque mais aussi dans les douleurs chroniques et d\u2019autres pathologies comme celles li\u00e9es \u00e0 la consommation d\u2019alcool. Cette augmentation est aussi observ\u00e9e dans d\u2019autres cellules de l\u2019organisme en particulier dans des conditions inflammatoires comme l\u2019asthme ou l\u2019arthrose rhumato\u00efde sugg\u00e9rant que le r\u00e9cepteur P2X4 pourrait \u00eatre un acteur-cl\u00e9 de nombreuses pathologies et par cons\u00e9quent une cible th\u00e9rapeutique potentielle.<\/p>\n<p>Afin d\u2019appr\u00e9hender les r\u00f4les du r\u00e9cepteur P2X4, le groupe d\u2019Eric Bou\u00e9-Grabot, \u00e0 l\u2019IMN de Bordeaux a d\u00e9velopp\u00e9 avec l\u2019aide de la Clinique de la souris de Strasbourg a d\u00e9velopp\u00e9 une lign\u00e9e de souris permettant d\u2019augmenter sp\u00e9cifiquement le nombre des r\u00e9cepteurs P2X4 \u00e0 la surface de certaines cellules. Les r\u00e9sultats publi\u00e9s dans le journal Molecular Psychiatry qui r\u00e9sultent d\u2019une collaboration avec plusieurs \u00e9quipes fran\u00e7aises CNRS et Inserm et des chercheurs de l\u2019institut d\u2019immunologie de Hambourg et du Neuro de l\u2019universit\u00e9 McGill de Montr\u00e9al montrent que l\u2019augmentation du nombre de r\u00e9cepteurs P2X4 \u00e0 la surface des neurones dans une structure du cerveau (l\u2019hippocampe) impliqu\u00e9e dans la m\u00e9moire et l\u2019apprentissage provoque des d\u00e9ficits mn\u00e9siques ainsi qu\u2019une diminution de l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 des souris. Ils d\u00e9montrent aussi que la pr\u00e9sence accrue de ces r\u00e9cepteurs alt\u00e8re les processus cellulaires \u00e0 la base de la m\u00e9moire. Ces travaux sugg\u00e8rent que l\u2019augmentation des r\u00e9cepteurs P2X4 \u00e0 la surface de neurones observ\u00e9e dans la maladie d\u2019Alzheimer pourrait contribuer aux d\u00e9ficits mn\u00e9siques et repr\u00e9senter ainsi une piste th\u00e9rapeutique potentielle dans les maladies neuropsychiatriques.<\/p>\n<p>Cette \u00e9tude r\u00e9v\u00e8le aussi tout le potentiel de ce nouveau mod\u00e8le murin car la modification g\u00e9n\u00e9tique du r\u00e9cepteur P2X4 permet de visualiser directement l\u2019augmentation du nombre de r\u00e9cepteurs P2X4 en situation pathologique. Ces souris devraient permettre dans le futur d\u2019\u00e9lucider le r\u00f4le de ces r\u00e9cepteurs dans diff\u00e9rents mod\u00e8les de pathologies non seulement du cerveau mais aussi du poumon, du c\u0153ur, ou lors d\u2019infection et d\u2019inflammation, situations pour lesquelles le nombre de ce r\u00e9cepteur augmente dans des cellules sp\u00e9cialis\u00e9es.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pour en savoir plus:<\/p>\n<p>Increased surface P2X4 receptor regulates anxiety and memory in P2X4 internalization-defective knock-in mice.<\/p>\n<p>Bertin\u00a0E, Deluc T, Pilch KS, Martinez A, Pougnet JT, Doudnikoff E, Allain AE, Bergmann P, Russeau M, Toulm\u00e9 E, Bezard E, Koch-Nolte F, S\u00e9gu\u00e9la P, L\u00e9vi S, Bontempi B, Georges F, Bertrand SS, Nicole O, Bou\u00e9-Grabot E.<\/p>\n<p>Mol Psychiatry. 2020 Jan 8. doi: 10.1038\/s41380-019-0641-8. [Epub ahead of print]\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Contact chercheur: <a href=\"mailto:eric.boue-grabot@u-bordeaux.fr\">Eric Bou\u00e9-Grabot<\/a>\u00a0; Directeur de recherche CNRS<\/p>\n<p>Institut des Maladies Neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives (IMN)(CNRS\/Universit\u00e9 de Bordeaux), Centre Broca Nouvelle Aquitaine<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans de nombreuses pathologies et maladies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives, une augmentation d\u2019une prot\u00e9ine appel\u00e9e P2X4 est observ\u00e9e \u00e0 la surface de cellules mais son r\u00f4le restait m\u00e9connu. 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