{"id":10860,"date":"2019-03-27T10:09:58","date_gmt":"2019-03-27T08:09:58","guid":{"rendered":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/?p=10860"},"modified":"2019-03-27T10:10:16","modified_gmt":"2019-03-27T08:10:16","slug":"courir-ou-manger-du-chocolat-un-choix-dicte-par-les-recepteurs-cannabinoides","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/2019\/03\/courir-ou-manger-du-chocolat-un-choix-dicte-par-les-recepteurs-cannabinoides\/","title":{"rendered":"Courir ou manger du chocolat, un choix dict\u00e9 par les r\u00e9cepteurs cannabino\u00efdes."},"content":{"rendered":"<p>Les pathologies qui r\u00e9sultent de notre mode de vie s\u00e9dentaire ont pour principale cause une inactivit\u00e9 physique, cette derni\u00e8re \u00e9tant souvent associ\u00e9e \u00e0 une prise excessive de nourriture riche en sucres et\/ou en gras. A l&#8217;oppos\u00e9, une activit\u00e9 physique excessive aux d\u00e9pens de la prise de nourriture peut \u00e9galement s&#8217;av\u00e9rer nocive, comme l&#8217;illustrent des cas d&#8217;anorexie nerveuse. Ces donn\u00e9es rendent donc cruciale la recherche des processus neurobiologiques contr\u00f4lant les motivations respectives pour l&#8217;activit\u00e9 physique et la prise alimentaire. Fruit de la collaboration entre des chercheurs de l&#8217;Inserm et du CNRS, une \u00e9tude publi\u00e9e le 07 Mars 2019 dans la revue JCI Insight r\u00e9v\u00e8le que les r\u00e9cepteurs cannabino\u00efdes CB1 jouent un r\u00f4le primordial dans le choix entre courir et consommer une nourriture chocolat\u00e9e.<br \/>\nLes auteurs de ce travail avaient pr\u00e9c\u00e9demment rapport\u00e9 que les r\u00e9cepteurs des cannabino\u00efdes CB1, pr\u00e9sents sur plusieurs types de neurones, jouent un r\u00f4le clef dans les performances lors d&#8217;une activit\u00e9 physique chez la souris. Cette conclusion \u00e9tait bas\u00e9e sur les performances r\u00e9alis\u00e9es par des animaux ayant un acc\u00e8s libre \u00e0 une roue d&#8217;activit\u00e9, un mod\u00e8le qui ne permettait pas de distinguer le m\u00e9canisme mis en jeu (motivation, plaisir\u2026). La motivation pour une r\u00e9compense ne pouvant \u00eatre estim\u00e9e que par la mesure des efforts que l&#8217;individu, Homme ou animal, est pr\u00eat \u00e0 fournir pour acc\u00e9der \u00e0 cette r\u00e9compense, les chercheurs ont \u00e9labor\u00e9 un mod\u00e8le dans lequel chaque acc\u00e8s \u00e0 la roue \u00e9tait conditionn\u00e9 par un effort pr\u00e9alable. Cet effort pr\u00e9alable consiste en l&#8217;introduction r\u00e9p\u00e9t\u00e9e du museau dans un r\u00e9ceptacle, condition sine qua none pour d\u00e9bloquer la roue. Apr\u00e8s une p\u00e9riode d&#8217;apprentissage de la t\u00e2che au cours de laquelle l&#8217;effort demand\u00e9 \u00e9tait constant, les souris ont \u00e9t\u00e9 confront\u00e9es \u00e0 un test dans lequel l&#8217;effort demand\u00e9 pour acc\u00e9der \u00e0 la roue a \u00e9t\u00e9 augment\u00e9 de mani\u00e8re progressive. Expos\u00e9es \u00e0 ce test, des souris d\u00e9pourvues de r\u00e9cepteurs CB1 ont montr\u00e9 un d\u00e9ficit de 80 % dans l&#8217;effort maximal qu&#8217;elles \u00e9taient pr\u00eates \u00e0 fournir pour acc\u00e9der \u00e0 la roue, et ce sans diminution des performances lors de leurs acc\u00e8s \u00e0 la roue. Ce r\u00e9sultat indique que les r\u00e9cepteurs CB1 jouent un r\u00f4le majeur dans le contr\u00f4le de la motivation pour l&#8217;activit\u00e9 physique. L&#8217;utilisation d&#8217;autres souris g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9es a \u00e9galement permis aux chercheurs de d\u00e9montrer que ces r\u00e9cepteurs CB1 contr\u00f4lant la motivation pour l&#8217;exercice sont localis\u00e9s sur des neurones GABAergiques.<br \/>\nLes chercheurs ont ensuite examin\u00e9 si les r\u00e9cepteurs CB1 dans les neurones GABAergiques contr\u00f4lent la motivation pour une autre r\u00e9compense, de la nourriture chocolat\u00e9e (au m\u00eame titre que les humains, les souris en raffolent m\u00eame si elles sont bien nourries). Alors que les r\u00e9cepteurs CB1 jouent \u00e9galement un r\u00f4le dans la motivation pour la nourriture, mais \u00e0 un degr\u00e9 moindre que dans la motivation pour l&#8217;activit\u00e9 physique, les r\u00e9cepteurs CB1 localis\u00e9s sur les neurones GABAergiques ne sont pas impliqu\u00e9s dans la motivation pour la prise de nourriture chocolat\u00e9e.<br \/>\nDans notre vie quotidienne, nous sommes confront\u00e9s \u00e0 un choix permanent entre plusieurs r\u00e9compenses. Cette \u00e9vidence a pouss\u00e9 les chercheurs \u00e0 d\u00e9velopper un mod\u00e8le dans lequel, apr\u00e8s apprentissage, les souris avaient le choix, moyennant les efforts d\u00e9crits ci-dessus, entre une activit\u00e9 physique et de la nourriture chocolat\u00e9e. La motivation pour l&#8217;activit\u00e9 physique l&#8217;a emport\u00e9 sur la prise de nourriture chocolat\u00e9e, \u00e0 l&#8217;exception des souris d\u00e9pourvues de r\u00e9cepteur CB1 de mani\u00e8re globale ou uniquement dans les neurones GABAergiques qui, elles, ont montr\u00e9 une pr\u00e9f\u00e9rence pour la nourriture.<br \/>\nAu-del\u00e0 de ces r\u00e9sultats indiquant que le r\u00e9cepteur cannabino\u00efde est primordial pour la motivation pour l&#8217;activit\u00e9 physique, cette \u00e9tude ouvre des perspectives pour pouvoir \u00e9tudier les m\u00e9canismes neurobiologiques responsables d&#8217;augmentations pathologiques de cette motivation. Une illustration est fournie par l&#8217;anorexie nerveuse qui associe souvent une diminution de la motivation pour se nourrir \u00e0 une augmentation de la motivation pour l&#8217;activit\u00e9 physique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Source<\/strong><\/p>\n<p>The motivation for exercise over palatable food is dictated by cannabinoid type-1 receptors.<\/p>\n<p>Muguruza C, Redon B, Fois GR, Hurel I, Scocard A, Nguyen C, Stevens C, Soria-Gomez E, Varilh M, Cannich A, Daniault J, Busquets-Garcia A, Pelliccia T, Caill\u00e9 S, Georges F, Marsicano G, Chaouloff F.<\/p>\n<p>JCI Insight. 2019 Mar 7;4(5). pii: 126190. doi: 10.1172\/jci.insight.126190.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Contact chercheur<\/strong><\/p>\n<p>Francis Chaouloff<br \/>\nNeuroCentre INSERM U1215<br \/>\nEquipe &#8220;Endocannabino\u00efdes &amp; NeuroAdaptation&#8221;<br \/>\n33077 Bordeaux<br \/>\n05 57 57 37 55<br \/>\nfrancis.chaouloff@inserm.fr<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les pathologies qui r\u00e9sultent de notre mode de vie s\u00e9dentaire ont pour principale cause une inactivit\u00e9 physique, cette derni\u00e8re \u00e9tant souvent associ\u00e9e \u00e0 une prise excessive de nourriture riche en sucres et\/ou en gras. A l&#8217;oppos\u00e9, une activit\u00e9 physique excessive aux d\u00e9pens de la prise de nourriture peut \u00e9galement s&#8217;av\u00e9rer nocive, comme l&#8217;illustrent des cas [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":10855,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[25],"tags":[31],"class_list":["post-10860","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-uncategorized","tag-actualite-en"],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-04-24 12:16:37","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category"},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10860","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10860"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10860\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10861,"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10860\/revisions\/10861"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10855"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10860"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10860"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10860"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}