{"id":10801,"date":"2019-03-21T12:47:53","date_gmt":"2019-03-21T10:47:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/2019\/03\/des-neurones-de-schema-dans-le-cerveau\/"},"modified":"2019-03-21T13:52:04","modified_gmt":"2019-03-21T11:52:04","slug":"des-neurones-de-schema-dans-le-cerveau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.neurosciences.asso.fr\/en\/2019\/03\/des-neurones-de-schema-dans-le-cerveau\/","title":{"rendered":"Des neurones de sch\u00e9ma dans le cerveau"},"content":{"rendered":"<p>Comment le cerveau se repr\u00e9sente-t-il l\u2019espace\u00a0? Des chercheurs du CNRS de Lyon et Grenoble ont observ\u00e9 l\u2019activit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale de macaques alors que ces animaux naviguaient dans des environnements 3D virtuels \u00e0 la recherche d\u2019une r\u00e9compense. Ils ont montr\u00e9 que certains neurones d\u2019une structure essentielle \u00e0 la m\u00e9moire, l\u2019hippocampe, permettent de m\u00e9moriser les d\u00e9tails des environnements (m\u00e9moire \u00e9pisodique) tandis que d\u2019autres encodent la logique d&#8217;organisation de l&#8217;espace, lorsqu&#8217;elle se r\u00e9p\u00e8te. Ces \u00ab\u00a0cellules de sch\u00e9ma\u00a0\u00bb encodent le r\u00f4le fonctionnel attribu\u00e9 \u00e0 des rep\u00e8res visuels plut\u00f4t que leur apparence. Ainsi, l\u2019hippocampe pourrait repr\u00e9senter \u00e0 la fois le caract\u00e8re particulier d\u2019exp\u00e9riences uniques en m\u00eame temps que l\u2019information commune \u00e0 ces \u00e9pisodes, r\u00e9alisant un encodage compact des donn\u00e9es \u00e0 m\u00e9moriser. Ces r\u00e9sultats, publi\u00e9s dans Science, montrent qu&#8217;une forme de pens\u00e9e abstraite existe chez le macaque rh\u00e9sus, et ouvrent ainsi des possibilit\u00e9s d&#8217;exploiter ce mod\u00e8le animal pour faire progresser la compr\u00e9hension de pathologies cliniques.<\/p>\n<p>L\u2019hippocampe est une structure du lobe temporal du cortex c\u00e9r\u00e9bral qui joue un r\u00f4le essentiel dans la m\u00e9moire des souvenirs (m\u00e9moire \u00e9pisodique) ainsi que dans l\u2019orientation spatiale. Des l\u00e9sions de cette partie du cerveau, comme dans la maladie d\u2019Alzheimer, m\u00e8nent \u00e0 des pertes mn\u00e9siques et de profondes d\u00e9sorientations. La collaboration entre des chercheurs de l&#8217;Institut des Sciences Cognitives Marc Jeannerod (Lyon, CNRS\/Universit\u00e9 de Lyon) et du GIPSA-lab (Grenoble, CNRS\/UGA) a permis de pr\u00e9ciser le r\u00f4le des neurones de l&#8217;hippocampe dans la m\u00e9moire spatiale chez le singe. Les animaux \u00e9taient plong\u00e9s dans un environnement 3D virtuel (labyrinthe en \u00e9toile) o\u00f9 ils devaient trouver une r\u00e9compense invisible en se rep\u00e9rant gr\u00e2ce \u00e0 des \u00e9l\u00e9ments distants (des amers, p. ex. l\u2019arbre de l\u2019illustration). Apr\u00e8s des semaines d\u2019entra\u00eenement dans un environnement devenu familier, les animaux ont \u00e9t\u00e9 test\u00e9s dans des environnements \u00e0 la g\u00e9om\u00e9trie identique mais dont les amers changent chaque jour. Quelques essais et erreurs sont alors suffisants aux animaux pour se rep\u00e9rer, d\u00e9montrant ainsi leur compr\u00e9hension de la t\u00e2che et de la structure de l\u2019environnement\u00a0: les animaux ont form\u00e9 un sch\u00e9ma mental de l\u2019environnement-type. Si beaucoup de neurones de l&#8217;hippocampe semblent coder des aspects uniques \u00e0 chaque environnement, comme l\u2019identit\u00e9 des amers, d\u2019autres se comportent comme des &#8220;cellules de sch\u00e9ma&#8221; dont l\u2019activit\u00e9, une fois rapport\u00e9e \u00e0 la position de la r\u00e9compense, est similaire dans tous les environnements. Ainsi, l\u2019hippocampe pourrait repr\u00e9senter \u00e0 la fois le caract\u00e8re particulier d\u2019exp\u00e9riences uniques en m\u00eame temps que l\u2019information commune \u00e0 ces \u00e9pisodes, r\u00e9alisant un codage compact des donn\u00e9es \u00e0 m\u00e9moriser. Ceci est encore plus apparent si, au lieu de caract\u00e9riser l&#8217;activit\u00e9 des neurones par rapport \u00e0 la position de l&#8217;animal dans l\u2019espace physique, on la rep\u00e8re dans un espace des \u00e9tats de la t\u00e2che, une repr\u00e9sentation plus abstraite de la progression de l&#8217;animal vers son but, \u00e0 l&#8217;origine utilis\u00e9e en automatique ou en robotique, et prenant en compte la position, l&#8217;orientation et l&#8217;historique de navigation de l&#8217;animal. Les neurones de sch\u00e9ma utilisent donc tous ces indices pour construire une repr\u00e9sentation fonctionnelle de l&#8217;environnement. Ce mod\u00e8le animal pourrait \u00eatre utile dans la compr\u00e9hension de certaines pathologies cliniques.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rence<\/strong><\/p>\n<p>Baraduc P, Duhamel JR, Wirth S (2019). Schema cells in the macaque hippocampus. Science, 2019 Feb 8; 363(6427):635-639.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Contact chercheurs:<\/strong><\/p>\n<p>Pierre Baraduc, GIPSA-lab, CNRS\/U.Grenoble-Alpes, 11 rue des Math\u00e9matiques, 38402 Saint Martin d\u2019H\u00e8res. 04 76 82 71 50. pierre.baraduc@gipsa-lab.fr<\/p>\n<p>Sylvia Wirth, ISCMJ, CNRS\/U.Lyon, 67 Bd Pinel, 69675 Bron. 04 37 91 12 32. sylvia.wirth@isc.cnrs.fr<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comment le cerveau se repr\u00e9sente-t-il l\u2019espace\u00a0? Des chercheurs du CNRS de Lyon et Grenoble ont observ\u00e9 l\u2019activit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale de macaques alors que ces animaux naviguaient dans des environnements 3D virtuels \u00e0 la recherche d\u2019une r\u00e9compense. 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